lundi 9 avril 2012

9 avril. La loi de 1905, face B


Hier, on fêtait Pâques dans un pavillon de banlieue transformé en église évangélique. C'était le dimanche de Pâques : la foule était nombreuse. Trop nombreuse. Le plancher s'est écroulé. Bilan : deux blessés dans un état critique et une fillette de 6 ans décédée.

Inévitablement, on évoque à nouveau de la loi de 1905 (lire le texte de loi). C'est logique et c'est technique : c'est elle qui définit, en France, les relations entre l'Etat et les religions. Cette fois, la question est : qui doit payer pour construire ou louer des lieux de rassemblement, afin de garantir, conformément à la loi, la liberté de culte ? Pas à l'Etat qui — article 2 — "ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte." Dont acte.

Reste un truc que n'avait pas nécessairement prévu la loi de 1905. Elle pense Eglise quand elle écrit culte. Elle pense à une institution organisée, dotée de moyens importants et qui dispose de nombreux biens immobiliers. Hors ces lieux de culte-là sont de plus en plus boudés par le public. Dans le même temps (parce que Dieu n'est pas mort pour tous), les micro mouvances se développent en marge de ces structures et sans vraiment pouvoir compter sur les dons des fidèles, le plus souvent déshérités.

La loi devient donc difficilement applicable dans toutes ses composantes : s'il est finalement assez facile de s'appuyer sur elle pour interdire le port de signes religieux ostentatoires, c'est plus compliqué quand il s'agit de dire qui doit payer pour garantir "le libre exercice des cultes".
L'enjeu est de taille : pour beaucoup de croyants pauvres, Dieu est le dernier espoir. Leur ôter c'est leur donner toutes les raisons de se radicaliser ; ce qui est toujours dangereux pour l'ordre public. Hors c'est bien cela que vise à protéger la loi de 1905, en définissant un cadre pour empêcher les phénomènes religieux de menacer " l'intérêt de l'ordre public" (article 1).

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