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Green super green

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Ce WE, après avoir donné procuration pour le vote de dimanche (je crois davantage à l'efficience du vote local qu'à celle des élections nationales…), je suis partie à Coste-Belle en pleine campagne. 
😍😄😎
Cap Sud-Sud-Est, direction les Hautes-Alpes via une étape à Beaune. 
Puis, petite pause pour regarder les parapentes sur fond de Meije… et - hop ! -, passage du Col du Lautaret.



Récitals de merles à l'arrivée, et plusieurs fois par jour jusqu'à notre départ. Roses en tous genres, pavots énormes, lys martagons à peine éclos, achillées roses et blanches presque aussi hautes que moi ; framboises et groseilles encore vertes… Et je ne sais combien d'espèces de conifères et de feuillus. 
Un jardin à semer ça et là, à nettoyer, à tailler, à désherber, à gratter, à arroser, à désensauvager par endroits sans toucher aux mellifères. Et puis des heures à dessiner, à lire, à savourer, avec les bzzz bzzz et les cui cui, le soleil, les nuages et le vent, et les silencieux papillon…

Expo Création confinée

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Les activités ont repris très timidement (c'est un euphémisme) du côté des expositions artistiques. Certes, les petits musées et petites structures ont pu rouvrir dès le 11 mai, mais comment faire vivre une galerie quand on n'a pas pu encadrer les œuvres, pas pu tirer les photos, etc., quand les transports sont encore en partie confinés, quand on ne peut pas prévoir de vernissage, quand on reçoit masqué… ?

Mais quand même on essaie. 
Parce que l'art a besoin de sortir. L'art n'est pas un truc à confiner.

Alors depuis sa réouverture, la galerie du Génie de la Bastille improvise des expos impromptues. La prochaine commence demain et elle présentera des travaux réalisés par une dizaine d'artistes pendant la période du confinement. Il y a des chances que ce soit assez varié tant nos réactions ont été diverses pendant cette période de quasi assignation à résidence.

J'y présenterai pour ma part, neuf dessins qui font un journal du confinement, et que j'ai dessiné…

Le printemps s'achève

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J’ai semé dans mon atelier, dans de petits godets, des tas de fleurs pour l’été : vivaces hautes, cosmos mauves et blancs, mellifères en tous genre. J’ai aussi de très précieuses pousses de basilic qu’une amie m’a offertes.  Mon pied de tomates est en boutons.
Ce matin, j’ai appris la mort de l’ours des Pyrénées, tué par balles et par des cons. 
Hier, le monde entier enterrait George Floyd, mort étouffé par la police et par le racisme. 
Depuis quelques jours, nous respirons à nouveau de la merde.
Il est temps de déconfiner l’intelligence.  Le printemps s’achève.



Œuvres 1 - L'Ours du déconfinement, Technique mixte (base encre) sur papier 300g, 26x36cm, 2020.  2 - Flower power 2020, Technique mixte (base encre) ur papier 300g, 26x36cm, 2020.  Contactez-moi Voir le catalogue

Les muses du déconfinement

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Petit bonheur : repérer les chevreuils dans les champs en bordure de l'autoroute, surtout quand la route est longue. Aurore et crépuscule sont les heures les plus propices. Quand le jour est timide, les cervidés sortent brouter les terres cultivées. Certes, en cette fin de printemps, les herbes sont hautes et l'on peine à distinguer le bout de leur tête, mais parfois, juste en lisière de bois, on les voit grignoter les feuilles basses des arbres. Et déjà, quelques champs ont été fauchés.
J'aime cette petite poésie des bords de route.

Ce week-end, nous sommes partis à Coste-Belle (Hautes-Alpes, Puy-Saint-Vincent, lieu-dit du Serré-Coste-Telme). Motif impérieux. Question de survie. 

Le printemps y était magnifique : rose et bleu, d'une douceur palpable. 
Les Lilas finissant embaumaient. Les œillets couvraient les flancs de la montagne, les pivoines explosaient. 
Au pied du vieux cerisier, c'était une orgie d'ancolies. Autour, les géraniums vivaces commençaient tout ju…

À une amie

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"Dans le chaos d’une avalanche, deux pierres s’épousant au bond purent s’aimer nues  dans l’espace. L’eau de neige qui les engloutit s’étonna de leur mousse ardente". René Char
Je dédies ces encres à une amie douce et tempérante comme la brise de printemps.  Je veux lui dire que je la crois capable de créer des parcelles d'éternité, même avec cette salope de faucheuse qui la prive des retrouvailles. 
Ces vers-là, Neruda (ou ton aimé) aurait pu les écrire pour vous deux. 
"Poussière sur le blé, et sable sur les sables l’eau errante et le temps, et le vent vagabond nous emportaient tous deux comme graine embarquée. Nous pouvions dans ce temps ne pas nous rencontrer.

Et dans cette prairie où nous nous rencontrâmes, mon petit infini, nous voici à nouveau. Mais cet amour, amour, est un amour sans fin,"

(…)


Pablo Neruda




Œuvres 1 - " Deux pierres s'épousant au bond ", Technique mixte (base encre) sur papier 300g, 26x36cm, 2020.  2 - La Supplication, Technique mixte (bas…

Musarder avec les oiseaux

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Confinement (L'art est un jardin d'éphémères). Technique mixte sur et sous toile. 50x70 cm Œuvre visible à la Galerie du Génie de la Bastille, 126 rue de Charonne, jusqu'au 31 mai 2020.
Faute d'avoir eu le temps de ranger avant le confinement - et sans certitude quant à l'avenir - j'avais empilé sur une table, le jour de mon départ, tout ce qui risquait d'être annulé si la crise durait. Deux mois plus tard, de retour à l'atelier tout là-haut, j'avais l'impression de me retrouver devant une stèle. Il m'a fallu quelques jours pour retrouver mes marques. 

Je suis rentrée pour de bon parce que j'avais des pieds de tomate à replanter et que les pots étaient derrière la fenêtre, cette fenêtre qui ne pouvait justement pas s'ouvrir puisqu'une table-stèle lui barrait le passage. 
Il ne m'a pas fallu une heure pour “ranger” les paquets emballés de bulles et retrouver le reste de mon précieux bordel : les objets que j'entasse pour m'…

55 jours sans savoir

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55 jours de confinement. Un printemps des poètes avorté et une exposition personnelle annulée. Coup d'arrêt.
Aujourd'hui, comme tout le monde, je vais  essayer de me réjouir de pouvoir sortir sans attestation et de ne pas craindre de croiser la maréchaussée quand mes pas franchiront le petit kilomètre. 
Mais où vais-je aller à moins de 100 km ? Dans quel monde vais-je habiter ?
De ce monde-là, il me semble que je ne sais plus rien. Depuis 60 jours, je vois très peu de proches et je n’entends parler que du virus. La presse n'a plus que ce mot-là à la bouche et c’est à peine si l’on a vu passer quelques entrefilets pour nous dire que le champion des actifs pétroliers, Blackrock, allait conseiller l’UE sur les finances vertes (…?!), que le cessez-le-feu était moyennement respecté en Syrie, que les combats repartaient de plus belle en Libye ou que l’excision était enfin devenue hors-la-loi au Soudan (yesss !). On a aussi vaguement entendu des trucs au sujet de l’acquisition de pl…