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Dans l'atelier en plein air et le cœur en Ukraine

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  Il arrive que des changements de vie vous mettent l'inspiration à sec. Janvier et février furent pour moi compliqués et je me languissais de la compagnie des muses.  C'est dire si j'attendais beaucoup de mon séjour dans mes montagnes.  Là-haut à Coste-Belle au Pays des Ecrins, dans l'atelier en plein air baigné de soleil et au son des mésanges, les muses sont généreuses.  J'avais laissé sur place quelques encres colorées et, librement, j'ai dessiné et éclaboussé.  Il faisait doux - bien trop doux pour une fin février - et cela nous faisait comme un air de printemps. Je pouvais déjà imaginer le retour des pavots immenses et des fleurettes éparpillées partout sur fond de montagne. J'espérais seulement savourer la douceur des lieux, même quand le vent glacé s'est levé.  Mais là-bas comme ici, je ne sais pas me couper complètement du monde. J'ai besoin de savoir comment marche cette planète et ce que l'humain y commet.  Je n'ai pas pu ne pas en...

Voyageurs ("Il meurt lentement". Martha Medeiros)

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"Il meurt lentement  Celui qui ne voyage pas, Celui qui ne lit pas, Celui qui n'écoute pas de musique, Celui qui ne sait pas trouver Grâce à ses yeux.  Il meurt lentement Celui qui détruit son amour-propre, Celui qui ne se laisse jamais aider. Il meurt lentement, Celui qui devient esclave de l'habitude Refaisant tous les jours les mêmes chemins, Celui qui ne change jamais de repère, Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements Ou qui ne parle jamais à un inconnu. Il meurt lentement Celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions, Celles qui redonnent la lumière dans les yeux Et réparent les cœurs blessés. Il meurt lentement Celui qui ne change pas de cap Lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, Celui qui ne prend pas de risques Pour réaliser ses rêves, Celui qui, pas une seule fois dans sa vie, N'a fui les conseils sensés. Vis maintenant ! Risque-toi aujourd'hui ! Agis tout de suite ! Ne te laisse pas mourir lentement ! Ne te pr...

Etre au monde (prose anagramme)

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  Ru a été monde D'eau montrée À dune morte. Tramé, dénoué Amour édenté Don raté. Émue ! Mat, nue, dorée Être au monde Ton émeraude.

Bonne année la planète !

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  Quel drôle de passage de l'an… L'incertitude est telle que j'en ai oublié de prendre la moindre résolution… Pas l'impression de tourner une page. Plutôt celle d'être comme en expectative…  Pour 2022, je vous souhaite donc tout le bonheur et au moins ça: sortir de l'expectative, se prendre dans les bras, s'embrasser à pleine bouche et danser. Danser dans des teufs gigantesques, recréer des liens, et aussi: dire non aux haineux qui veulent bâtir des murs. L'enfermement, ça suffit !!! Mais, je voulais vous dire aussi : après Noël, à Coste Belle, par l'effet de je ne sais quelle usure du temps et de je ne sais quel tremblement ou souffle d'air, une encre s'est à demi décrochée du mur et c'est de justesse que je l'empêchais de choir et de périr dans les éclats de verre qu'aurait inévitablement générés l'impact au sol.  C'est une encre sur un papier gratté, mouillé, martyrisé. Elle date du 31 décembre 2008, l'année de mon ...

Mood Indigo

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En cette fin 2021, mes bleus ont pris un peu d'ombre.  À cause du départ de mon père , à cause des plantes déracinées dans le jardin des moines de Tibhirine , à cause du monde d'après qui n'a pas l'air de vouloir venir ; en tous cas pas celui que j'espérais…  Ou peut-être simplement parce que j'ai découvert, comme tout le monde, que l'adage est menteur et que, pour de vrai, "les petites bêtes mangent les grosses", qu'elles les empêchent d'avancer, qu'elles musèlent les baisers et leur ferment les portes, qu'elles éloignent familles et amis.  En cette fin d'année, j'ai le Mood indigo    Pourtant, l a nuit, je rêve en suçotant un brin de lavande que j'ai rendez-vous au printemps avec deux girafes en plein Paris.  Et pourquoi pas après tout ?  Par les temps qui courent, il n'est pas plus insensé de croire à ses rêves qu'à des projets bien ficelés ; pas vrai ?!                  Bons rêves et bonne fin d'année à...

Aux arts, citoyens ! (calendrier 2022)

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Le calendrier 2022 est prêt.  Prochaine expo le 14 décembre à Paris XI Il y a un an, alors que je bouclais le calendrier de l'année 2021 qui allait commencer, je me disais que cette nouvelle année ne pouvait pas être pire que la précédente… L'inutile COP 26, la campagne électorale et son bouffon effrayant, l'Europe qui ne sait même plus qui elle est et qui se mure dans sa trouille… On ne peut pas dire qu'on la termine très sereins, cette année 2021… Pourtant il y a quelque chose qui est revenu en 2021 et il me semble que ça nous a un peu sauvés. Quelque chose qui, de Paris à Bilbao (Guggenheim) - en passant par Poitiers (expo L'amour fou! ) et Montdauphin (Ousmane Sow) - m'a rendue à nouveau émerveillable quand le décès de mon père et cette crise sanitaire m'avaient noué le cœur .  Quelque chose qui prend des formes variées, capte toutes les lumières et même l'ombre.  Quelque chose qui raconte, qui touche, qui choque, qui dérange, secoue… apaise aussi.  ...

Les oasis s'invitent à Paris XI

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  Samedi prochain commence La 10e Biennale du Génie des Jardins . Une vingtaine d'artistes et de performers présenteront leur vision de l'OASIS aux Squares Gardette et Roquette, au jardin Truillot et, les WE, dans la cours Oasis de l'école Keller.  Pour cette dixième, j'en suis ! Vendredi, j'irai donc suspendre aux branches de quelques jeunes ormes nains du Jardin Truillot (Paris XI), un inventaire de la biodiversité des oasis: des grosses et des petites bêtes, des fruits, des légumes, des arbres, tous incrustés dans les gouttes d'eau nichées là sous les arbres et auxquelles ils doivent d'exister depuis des millénaires.  J'installerai aussi l'humain et je le veux discret. Il sera là, dans l'alphabet berbère suspendu aux arbres parce que les langues locales sont aussi des espèces à protéger. Il se promènera au pied des arbres, dans une caravane de figurines et il sera comme un mirage et se perdra peut-être dans des herbes hautes.  Ça faisait des a...