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Eté précoce en altitude

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  Là-haut, au Pays des Écrins, cette fin juin a des couleurs de mi-juillet. Déjà les roses et les lys martagons ont fané sous les chaleurs torrides des jours précédents. Je n'ai pas pu voir les églantiers fleurir. Les iris ne sont plus que feuilles, parfois jaunies, et la montagne chauffe au soleil. Plus de neige, à peine quelques touches bien au-dessus de 3000 mètres.  Les mésanges ne colonisent plus mon mur de pierres sèches et se gavent de cerises.  C'est tout juste s'il reste quelques œillets roses dont certains pétales, déjà, commencent à prendre un violet sombre, entre noir et pourpre.  L'aiglon a grandi et sa masse claire plane au-dessus de Coste-Belle.  Pendant que sèchent mes encres, je regarde au loin quelques voiles colorées qui, elles aussi, profitent des courants chauds qui les envoient en l'air. Je savoure. De retour à Paris, je me demande pourquoi je suis rentrée, alors que l'été file à toute allure jusque dans la montagne.    Icono...

Dans l'ombre d'un iris

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  Là-haut dans mes montagnes, j'ai retrouvé le printemps.  L'altitude aidant, il faisait un temps de mai, parcouru d'un vent frais et de quelques nuages. Là haut, les lilas embaumaient et commençaient tout juste à se faner, les pissenlits faisaient désormais des nuées de balles blanches et vaporeuses envahissant le pré qu'ils partageaient avec quelques oeillets roses.  Là haut, la clématite grimpait sur les églantiers en bouton et je regardais ce spectacle, excitée comme une puce, admirant une famille de mésanges qui nichait dans le mur de pierres sèches, à l'abri des geais et des coucous parasites. Là haut, dans cette ronde printanière, j'ai retrouvé mes muses jusque dans l'ombre d'un iris. "Merci d’être, sans jamais te casser, iris, ma fleur de gravité…" (René Char in Lettera Amorosa)

Dead flowers

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Je pense souvent à ce poème de Victor Hugo "Parfois je me sens pris d'horreur" où le poète égrenne les malheurs du monde et en souffre, avant de terminer — rassurant  — p ar ce vers : "le parfum d'une rose et je suis apaisé." J'y pense souvent mais dans le rose enjoué de cette toile* que je viens d'achever, la fleur est triste, couleur de béton.  Combien de printemps demeureront quand il n'y aura plus d'abeilles, quand les arbres coupés et les climatisations auront fait exploser les thermomètres ? Les fleurs seront-elles toutes couleur de pierre ou faites de métal enduit comme les tulipes de Koons dans lesquelles on se mire dédoublés ? Hélas Pablo,  quand tu écrivais "Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n'empêcheront jamais le printemps", tu te trompais : on peut aussi empêcher les printemps.  Cette année, le printemps est un été avant même que d'avoir commencé. 19 enfants sont morts cette nuit et combien depuis des ...

"Je ne dors pas"

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  "Je ne dors pas. Je ne dors pas. Je ne dors pas. Quel grand sommeil en mon crâne, sur mes yeux, dans mon âme ! Quel grand sommeil partout sauf dans cette impuissance à dormir ! (…) Quelle heure est-il ? Je ne sais pas. Je n’ai pas la force de regarder ma montre, Je n’ai de force pour rien, pour plus rien? Seulement pour ces vers, écrits le lendemain. Oui, écrits le lendemain. Tous les vers sont toujours écrits le lendemain. "  (Fernando Pessoa, Insomnie ) J'ai tellement hâte d'aller me mettre un peu au vert pour profiter du vent dans les arbres, des fleurs de cerisier, des lilas et des iris. Peut-être y trouverais-je Morphée à côté des muses.   Je ne dors pas. En attendant mon retour, vous pouvez aller voir l' expo à l'hôtel Les Deux Girafes . N'ayez pas peur d'entrer dans l'hôtel même si vous n'y dormez pas. L'entrée est libre pour voir mon expo et l'équipe est charmante. Et si vous êtes collés à votre ordinateur, vous pouvez toujour...

L'art est un jardin d'éphémères. Expo jusqu'au 3 juillet à Paris XI

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Depuis une semaine et jusqu'au 3 juillet, j'expose à l'hôtel Les Deux girafes , une cinquantaine d'œuvres, de petits et grands formats.  Parce que c'est le printemps, j'y fais la part belle à mes travaux que la nature musarde, mais pas seulement. La nature occupe ainsi tout le long mur du couloir éclairé par l'immense baie vitrée qui donne sur le patio intérieur de l'hôtel. Là, j'ai posé mes deux amants chariens, frères quasi jumeaux du totem planté dans mon jardin de montagne dont je raconte ici le fil des saisons.    Parce qu'ils s'apprécient de loin et se lisent de tout près, j'y ai mis aussi les cinq panneaux de Loveland , paradis amoureux vendu à la découpe et entièrement composé de textes. Juste à côté et à la droite des Métamorphoses d'Ovide, j'ai disposé quelques petits formats créés dans ce jardin de montagne où je travaille beaucoup quand je suis en vacances. Pour le hall de l'hôtel, j'ai créé tout spécialement ...

Expo du 5 au 10 avril : le Génie du dessin

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  Depuis sa création, je crois que je n'ai jamais manqué une édition du Génie du dessin . Cette année, nous étions invités à réfléchir à la question de la limite du dessin. J'ai donc choisi d'exposer deux dessins créés aux limites des taches d'hémérocalle, ces lys orangés dont la durée de floraison est des plus limitées : une journée à peine. C'est un matériaux que je retrouve chaque année fin juillet, en arrivant dans mes montagnes, et c'est pour moi comme un rendez-vous incontournable.  Les deux dessins de même format exposés du 5 au 10 avril à la galerie du Génie de la Bastille parlent de désir et de non désir. Il faudra venir jusqu'à la rue de Charonne pour découvrir le second. À bientôt. Image ci-dessus : Le Dieu et la nymphe , technique mixte sur papier torchon 300g, 36x51cm. 2018

Prochaines expos (ParisXI) :-))))

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L'Hôtel Les Deux Girafes est un des hôtels haut de gamme de mon quartier. Tout y beau et je ne dis pas ça parce qu'on y retrouve les coussins que j'avais dessinés tout spécialement pour cet établissement, juste avant son ouverture, il y a quelques années. ;-) Dans le jardin intérieur, écrin de verdure que domine une girafe en leds créée par les artistes plasticiens d'Anathomie Anna Golics Cottet et Olivier Thomas, on peut prendre un verre au calme et avec les merles. Tout autour, un artiste contemporain est invité chaque trimestre. Je suis la prochaine sur la liste, au printemps prochain, et j e suis ravie.  Ravie parce que j'aime beaucoup ce lieu. Ravie aussi parce que la direction de l'hôtel m'y laisse carte blanche pour occuper un très long mur, un petit salon cosy et le restaurant attenant Le Beslay . Une bien belle surface d'exposition ! J'y exposerai une trentaine d'œuvres dont deux girafes sur toile pour introduire un corpus riche, qui pa...