mercredi 13 février 2013

A cheval sur les drames humains


 Il aura suffi de peu. Il aura suffi que quelques équidés tapent l'incruste dans les lasagnes au bœuf et qu'un pape tire sa révérence pour que le silence se fasse sur l'essentiel. Les ondes sont sélectives : exit le Mali, exit la Syrie, exit aussi la disparition du PEAD remplacé par un FEAD au budget amputé d'un milliard, j'en passe et des bien pires. 

Alors permettez qu'ici, je dise que je m'en tape des plats cuisinés et que je trouve indécente cette frénésie médiatique quand nombre de citoyens du monde - et en France aussi - regrettent de n'avoir pas le moindre morceau de viande à se mettre sous les crocs.

Permettez aussi que je revienne sur les drames humains au nord du Mali : on fait comme si la guerre était terminée, ou presque, comme si la France victorieuse avait remis sur pied un pays exsangue. Il n'en est rien. Certes, les Etats-Unis ont débloqué 50 millions de dollars d'aide pour les armées française et tchadienne au Mali, certes l'armée malienne a repris la ville de Menaka, à 80 kilomètres de la frontière nigérienne (et donc des mines d'uranium…) sans qu'il lui soit opposée de résistance. Mais ces villes libérées sans combat ne disent pas la victoire malienne ou française. Elles racontent au contraire comment les djihadistes ont abandonné les villes pour engager une nouvelle guerre, bien plus complexe, bien plus délétère. 
Je veux parler des combats à l'arme lourde dans les rues de Gao ce week-end, je veux parler des commandos formés aux attentats kamikaze, je veux parler des mines qui jonchent le sol de certaines zones de l'Azawad et je veux parler aussi de l'appel au djihad lancé par Al Qaida depuis le Yemen en représailles à l'intervention française. Du côté de l'ONU, on espère que d'ici trois semaines, quelques 6000 casques bleus prendront pied sur le sol malien : il auront fort à faire. Pas seulement pour lutter contre les islamistes, mais aussi pour veiller à ce que les Maliens eux-mêmes n'aillent pas se venger au mépris des droits humains. Aucune ville n'est sûre au nord du Mali, ni pour un camp, ni pour l'autre.
Voilà, c'est dit : en toutes choses, il faut savoir raison garder. En matière de choix des infos, surtout.

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