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Affichage des articles du février, 2016

Peindre, dit-elle

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Vue sur cour. Détail
"Écrire, dit-elle".  J'ai lu ce livre de Duras il y a si longtemps que j'ai tout oublié. C'est à peine s'il me reste une couleur — blanc aveuglant comme d'un soleil en face —, à peine quelques images, en extérieur… Je ne me rappelle rien de son propos, juste une grande lenteur et, pour tout dire, un ineffable ennui !
Mais je ne suis pas sûre… Peut-être que je confonds avec un autre, un que j'aurais croisé à la même époque ou à des années-lumières. La mémoire est un insondable puits et l'on se perd dans ses associations.

Il n'empêche : le titre de ce livre me hante depuis que je l'ai vu sur un rayonnage de libraire. Ce titre qui me fit acquérir ce livre oublié et qui patiente à nouveau entre deux acolytes, quelque part dans mes murs.





L'immeuble au fond de ma cour est un mur que tout le monde trouve très laid. Pourtant, chaque fois que je m'attable avec vue sur ce mur, je savoure les lumières projetées. Fauves au levan…

Dans la lumière des trous noirs

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Détail de la toile L'Espace-temps. Infra : photo d'un détail d'une vitrine d'A. Kiefer présentée lors de l'exposition de 2016 au centre Pompidou.


"Celui qui ne peut plus éprouver étonnement ni surprise
est pour ainsi dire mort : ses yeux sont éteints. "
A. Einstein

Je n'attendais que cela : une bonne nouvelle à mettre sous mes pinceaux, un truc qui me transporte avec assez de passion pour que je décolle enfin ! Mais vieillir, c'est un peu revenir de loin… (Justement là ? Dans cet espace-temps? Avec le temps, le temps devient palpable.)

Bref, je ne sais pas si les temps stagnaient ou si les minutes s'allongaient, mais depuis quelques temps, à force de constater les sempiternelles répétitions du pire, chaque jour à la radio alors que je gardais une oreille dans la mémoire, je désespèrais des hommes. Ils étaient dépassés par leurs propres moyens, englués dans leurs rancœurs et leurs vaines ambitions, apprentis-sorciers autant que majestés des mouches…

Noyade sous les ors de la république

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Noyade sous les ors de la république. Technique mixte sur bois. 60x99cm

C'était une fin de matinée  d'hiver. J'avais rendez-vous avec une amie d'enfance au Trocadéro. Il faisait un froid glacial qui me saisit dès la sortie du métro. Frigorifiée, je me précipitai vers la lumière, vers la béance pavée de clair qui descendait sur les jardins menant à la Tour Eiffel. J'espérais glâner là un brin de chaleur sur mon museau mais c'est la sublime majesté du lieu qui m'attrapa ; soleil rasant les murs, caressant les seins dénudés des sculptures que les pigeons avaient, au fil du temps, maculées de fientes.

Parvis des droits de l'Homme. Exposition universelle… 
“Je vous parle d'un temps que les moins de (cent) ans ne peuvent pas connaître” et que, comme ceux-là, j'avais trop mythifier. J'admirais l'étendue étalée sous mes yeux, belle comme un océan couvert d'un glacis d'or. Un océan dont on pouvait même, dans la brume, deviner le phare gigant…

Il y a trois mois…

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Paris… Reine du monde (Bataclan). Technique mixte sur papier cloué sur châssis entoilé, 61x45cm.
C'était il y a trois mois jour pour jour. Ce matin j'étais triste en terminant cet hommage pillé par mes photos à ceux qui ont pleuré en posant des offrandes sur le boulevard Voltaire. Sur elles, j'ai allongé parmi les fleurs, impertinente face aux nouveaux barbares, une fleur de Courbet dont la mousse se perd dans mes lichens verts et les fleurs desséchées…
Mais puisqu'on est là tout juste à l'angle de Voltaire et de Richard-Lenoir, qu'à un quart d'heure à peine, on croise l'Hôtel du Nord, ça vous dit qu'on s'écoute Mistinguette ? Sa gouaille entraînante de titi ne nous fera sans doute pas de mal.

Un printemps au cœur de l'hiver - Dans l'atelier de Coste belle

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Comme le marin au port goûte le cliquetis des drisses secouées par le vent, j’aime celui de la glace qui chancelle et se brise en chutant de son arbre. A Coste-belle, lopin bâti sis au lieu-dit du Serre et Coste-Telme, commune de Puy-Saint-Vincent dans les Hautes-Alpes, je possède un atelier "saisonnal" : là-bas, tout bruisse au rythme d'une nature excessive.
Cette année pourtant, l'hiver était timide et les premiers jours blancs demeuraient plus humides que neigeux. Sous des températures quasi pascales, la glace en fondant m'envoyait des messages, des petits mots d'amour. 

Narreyroux, Enclos des moutons. Coste-Belle, Signe dans la glace
Lors, le soleil revenu dans cette douceur printanière, accompagnée que j'étais par le cliquetis de la glace, le chant des mésanges et les cris disgracieux d’un couple de geais multicolores, j’ai ouvert mon atelier en plein air sur la pierre, au bord d’un névé qui s’effaçait. 
Cette année, le printemps s’invitait au cœur de l’h…