jeudi 7 février 2013

Quand l'islam refuse le djihad


Cela serait sans doute passé inaperçu ici, s'il n'y avait eu cet article signé Michel Rocard dans le Monde : deux des plus hauts et des plus populaires dignitaires musulmans au Mali saluent l'intervention de la France mais surtout la constitution d'une force africaine unie qui se met en marche pour empêcher une armée de djihadistes "mafieux" de prendre possession du Sahel.
Ces deux hommes ne sont peut-être pas les plus modérés des musulmans. Ils ne s'en sont pas moins attaqué à ceux qui utilisent l'islam comme étendard au banditisme.

Permettez que je reprenne les citations de ces hommes telles que présentées par Michel Rocard : 
"AQMI, Ansar Eddine, Mujao : c'est pareil. Ce sont des bandits et des trafiquants de drogue qui utilisent la religion comme couverture  (…) Il va falloir mener une guerre idéologique et dénoncer ceux qui se disent musulmans et qui sèment la mort". La phrase est de Cherif Ousmane Haïdara (à droite sur le dessin ci-dessus), reponsable des Partisans de la religion, une organisation qui compte près d'un million d'adeptes au Sahel, dont beaucoup au Mali.

Quant au président du conseil islamique du Mali, Mahmou Dicko (à gauche sur le dessin ci-dessus), il n'hésite pas à attaquer les autorités religieuses qataries qui avaient condamné l'intervention française : "Nous ne sommes pas d'accord avec cette interprétation, nous pensons que c'est le contraire. C'est la France qui a volé au secours d'un peuple en détresse, qui avait été abandonné par tous ces pays musulmans à son propre sort. Nous parler de croisade anti islam, c'est quelque chose que nous ne pouvons pas accepter en tant que responsables musulmans du Mali".

Derrière ces déclarations, il y a semble-t-il une prise de conscience : il devient indispensable que s'élèvent les voix des Musulmans, ceux qui savent que cette religion est d'abord une religion de tolérance, ceux qui savent qu'elle a besoin, pour continuer à vivre dans un monde humain, à entrer dans la modernité… Pas la modernité des financiers qui règnent en maître au Qatar ou en Arabie Saoudite. Celle des peuples d'islam, souvent trop pauvres et qui aimeraient ne plus l'être.
Cela concerne l'Afrique, mais pas seulement : c'est la civilisation humaine de demain qui est en jeu.

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