mardi 22 octobre 2013

"Vous dont la maison ne pleure pas"



Attentats à la voiture piégée, combats inter rebelles opposants factions djihadistes et laïcs, pilonnages des faubourgs par l'armée de Bachar… chaque jour en Syrie, les morts se comptent par dizaines et le pire est à venir : l'hiver approche, les vivres sont épuisés… les civils n'ont d'autre choix que celui de fuir ou de périr.
Alors, ils fuient tant qu'ils peuvent, invités par l'artillerie lourde à vider les lieux au plus vite avant le massacre, avant le déferlement de métal et de sang, avant les chairs éclatées, les corps violés, mutilés, les cadavres amoncelés.
Ils fuient, se cachent, s'entassent dans les camps frontaliers, fuient de nouveau, proies de passeurs en bandes organisées. Ils paniquent, courent, s'entassent à nouveau dans des rafiots d'infortune…
Certains se noient, d'autres non. Ceux-là errent encore, cherchant asile.
La France a annoncé récemment être prête à en accueillir 500.
Cinq cents… et toujours plus de deux millions d'errants syriens.

Dans le cynisme généralisé, Bachar subitement devenu respectable pour une petite signature au bas d'une convention contre les armes chimiques, pérore et claironne sa candidature à la prochaine présidentielle de 2014. 
Inévitablement, l'opposition syrienne, rechigne à participer à cette gigantesque farce annoncée pour novembre : le Genève 2. 

Les mots me manquent, alors permettez que j'emprunte à René Char ces quelques lignes des Feuillets d'Hypnos. J'espère que ceux-là, la NSA les lira.

"AUX PRUDENTS : Il neige sur le maquis et c'est contre nous chasse perpétuelle. Vous dont la maison ne pleure pas, chez qui l'avarice écrase l'amour, dans la succession des journées chaudes, votre feu n'est qu'un garde-malade. Trop tard. Votre cancer a parlé. Le pays natal n'a plus de pouvoirs."


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