lundi 23 avril 2012

Fils de Pétain



Entendez bien les mots de la vague bleu marine : ils parlent de révolution nationale, de lutte contre le système. Ils mettent en accusation les autres : musulmans d'aujourd'hui comme les juifs d'hier. Ils conspuent la démocratie et tous ses instruments : parlementaires, journalistes, intellectuels, artistes… Et quand ils parlent d'éducation, c'est en redresseurs de torts.

Ce sont les mêmes mots, les mêmes arguments fallacieux : ceux qu'arborait la France de Pétain, ceux qui immolèrent l'esprit critique et firent marcher nos gosses aux pas, ceux qui livrèrent Drancy à l'horreur, ceux qui chargèrent les trains, comptèrent les livraisons. 
Et l'on remplaça sur le fronton des écoles les douces valeurs de notre république - liberté, égalité, fraternité - par le travail, la famille, la patrie. (voir l'affiche de Vichy)
En leur nom, on envoya les Français au STO construire l'Allemagne nazie, on confina les femmes à un rôle de ménagères modèles… On justifia la complicité de notre administration à la Shoah. On plongea le pays dans la terreur de plomb, la misère, la délation, l'injustice.
Souvenez-vous : travail, famille, patrie.

Hier soir, arrivé derrière Hollande, Nicolas Sarkozy, infatigable surfeur sur les arguments du FN, a appelé au travail et à "l'amour de la patrie". Je ne l'ai pas encore entendu s'exprimer sur la famille, mais attendez que l'on évoque le mariage homosexuel et le florilège devrait être complet.
Je sais, on trouvera que je caricature, que je suis trop à gauche.
Mais quand même : e
lle savait "Marine Laval" qu'elle voisinerait les 20 %. Elle le savait parce que depuis le début de sa campagne, le Président-Candidat, prêt à tous les arrangements, s'est conduit en fils de… Pétain.
Il a fait honte à la droite gaulliste et à celle de Malraux, celle avec laquelle il est sain que la démocratie s'exerce.

Pendant ce temps-là, sous l'œil des observateurs de l'ONU impuissants, la répression continue en Syrie.

1 commentaire:

  1. bien dit, bien dessiné, bien fait.. merci de dénoncer les dérives républicaines.

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