lundi 30 avril 2012

Journalisme en danger

Hier, on apprenait la disparition d'un journaliste français en Colombie : Roméo Langlois, 35 ans, reporter à France 24, aurait été pris en otage par les FARC et blessé au bras pendant l'opération. 

En 2011, selon Reporters sans frontière (RSF), 71 journalistes ont été enlevés dans le monde et 66 ont été tués, soit une hausse de 16 % par rapport à l'année précédente (voir bilan 2011 de RSF).
Pourquoi ? Parce que la presse est un pilier de la démocratie, parce que les journalistes sont des vigies. Observateurs et critiques, ils sont les gêneurs : ceux qui en savent beaucoup sur la réalité des faits, ceux qui tordent le cou aux idées reçues, ceux qui dénoncent, ceux grâce auxquels, chaque jour, je peux vérifier l'état de la démocratie dans le monde. Ils me sont aussi précieux que l'institutrice qui m'a appris à lire et à compter.

Bien sûr, le JT est un show. Bien sûr, la presse se délecte de violence, de sexe et d'argent. Bien sûr, elle racole, va souvent trop vite, cafouille parfois à force de courir. Bien sûr, elle confond fréquemment simplification et pédagogie… (ceci dit, on peut changer de journal, de média…).

Bien sûr aussi, dans les médias, la campagne manque de hauteur et l'on aimerait que les journalistes soient moins événementiels. C'est pourtant bien là leur fonction : raconter l'événement et le mettre en perspective avec d'autres faits. Pour le reste, le non événementiel, les journalistes ne sont pas tenus d'être davantage que les relais de la parole d'experts, d'universitaires, de moralistes et d'analystes de tous poils qui sont d'ailleurs très souvent sollicités.

Mais ces derniers temps, je m'attriste de ne pas entendre nos “philosophes engagés”, de ne pas les lire, ici et là, se prononcer sur les dérives idéologiques de la campagne. Il me semble que c'est leur rôle, pas celui des journalistes. Dans cette Présidentielle - hélas ! - la seule chose que les citoyens ont à se mettre sous la dent, ce sont leurs décryptages et les indispensables correctifs que la presse donne aux informations erronées de nos candidats.
Ce n'est pas suffisant.
C'est juste indispensable et essentiel pour la démocratie.
On devrait pouvoir porter plainte, aussi, contre les mensonges des candidats. 

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