mercredi 25 avril 2012

Une cocarde pour Marine, les boucs émissaires aux frontières

Le parti de Marine Le Pen est "compatible avec la République". 
Voilà, c'est dit, c'est fait, c'est un parti comme les autres.
Stricto sensu, Nicolas Sarkozy n'a peut-être pas tout à fait tord : avec ses 18 % de voix, ce truc-là appartient bien à la chose publique et il va falloir faire avec. 
Sauf que.
Sauf que c'est un problème. 
C'est un problème parce que l'idéologie prônée par le FN est une résurgence de la Révolution Nationale pétainiste et qu'il a été démontré par l'Histoire que cette idéologie représentait un immense danger pour la république. Pourquoi ? Parce qu'elle est contraire aux droits fondamentaux dont nos penseurs furent les auteurs. Sans parler de son inefficacité : ces salauds ont même vendu la France aux Allemands !

Donc faisons avec ce problème et écoutons les cris de protestation. Mais pour y travailler vraiment, n'oublions pas que l'angoisse se cache derrière ces cris et que rien n'est plus anxiogène que l'ignorance. (Ce n'est pas par hasard que la démocratie moderne a été pensée comme nécessairement appuyée par une presse libre et une école performante.)
Certes, il y aurait beaucoup à dire sur les médias, sur l'écrasement de l'information par le ludique, le spectaculaire et le croustillant. Certes, on pourrait reprocher une dégradation de l'enseignement. Certes, le chantier est immense.

Il n'empêche,il faut saluer la cohérence du président candidat : il y a cinq ans, il nous présentait le plombier polonais. Cette fois, il évoque la possibilité de remettre en cause les accords de Schengen. Entre les deux, il a passé 5 ans dans le plus profond mépris pour ces deux piliers de la démocratie que sont la presse et l'éducation et n'a eu de cesse de brandir les faits divers comme s'ils étaient des informations de fond. 
Si au lieu de cela, les électeurs avaient vraiment su où est passé leur boulot et ce que sont devenues leurs petites économies parties en fumée dans la dernière crise, s'ils avaient su qu'être immigré en France c'est loin d'être une sinécure, alors peut-être que cela n'appartiendrait pas à la chose publique.

Non, monsieur le Président, on ne caresse pas les tentations xénophobes et liberticides dans le sens du poil… de bouc émissaire. Ce n'est pas républicain. Ce n'est pas démocrate. C'est machiavélique.

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