mercredi 2 mai 2012

2 mai. 1+1 =4



Hier, on a noté une participation importante aux traditionnels défilés syndicaux du 1er mai, un peu partout en France.
A Paris, où se tenaient en plus, deux événements politiques - celui du FN et celui de l'UMP — le défilé syndical était lui-aussi, entre-deux-tours oblige, éminemment politique. Le bras de fer qui devait permettre à chaque camp de montrer ses forces avant la joute verbale de ce soir a bien eu lieu. Difficile de savoir à quel avantage.

Parce que, comme toujours, le comptage des manifestants fait débat.
Un chiffre toutefois a immédiatement fait rire à gorge déployée les amateurs de calcul qui se sont mis à tweeter ce qui fut immédiatement commenté et retweeté : les "200 000" "amis" de Nicolas Sarkozy qui se sont tassés comme des sardines, drapeaux brandis tant bien que mal, l'épaule du voisin coincé sous les aisselles, sur les 21 000 m2 de la place du Trocadéro, soit un peu plus de 9 personnes au m2. (on est assez loin des 1 à 1,5 admis habituellement)

"Mes chers amis, vous êtes 200 000 !", a pourtant claironné le Président candidat.
J'ai essayé, pour voir. 
Méthode : j'ai pris 4 petits gabarits de femmes (50 X 20 cm d'encombrement), 2 un peu plus costauds (des hommes plutôt sveltes, 65 x 30 cm) et 1 costaud (70x40).
Aucun n'a de sac, ni poussette, ni aucun objet encombrant et les drapeaux sont tous brandis. Surtout, on évite de bouger, l'édifice pourrait s'effondrer.
Bref, en comptant petit, j'ai beau essayé, j'en rentre 7 en tassant bien et ça donne ça :



Comme je suis bonne âme, je devrais montrer de la compassion ce matin pour les arpions écrasés des militants UMP. 
Mais, je n'en ai aucune : parce qu'hier, 1er mai, une journaliste de Mediapart a été agressée dans l'exercice de son travail, en cette place du Trocadéro où se tenait la "vraie fête" du "vrai" travail. 
Certes, l'agression est légère et la journaliste va bien : il n'empêche, elle marque le mépris pour la presse et la volonté de museler l'information qui marque la stratégie sarkoziste. Elle se dit là, comme elle se dit dans l'outrance permanente et la diffusion d'informations erronées pour brouiller le savoir.
De cela, comme des informations diffusées par Mediapart et les Inrocks sur vos relations avec M. Khadafi, il faudra pourtant répondre, M. le Président sortant. Si ce n'est ce soir, que ce soit au moins en mai.


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