mardi 29 mai 2012

C'est l'humain qui agonise


 L'humanité agonise. Technique mixte sur papier torchon, 36 x 51 cm



J'aime l'Homme.
J'aime sa grâce, sa subtilité, sa hauteur de vue.
J'aime la magie de ses mots, son inventivité sans limite.
J'aime les statues de Pâques, les arabesques, la calligraphie chinoise et les feux d'artifice.
J'aime les noms graphés : "liberté, j'écris ton nom".
J'aime Bach et j'aime Prince.
J'aime aimer et aimer encore.
J'aime l'enfant qui veut tout savoir et l'ancêtre qui sait qu'il ne sait rien.
J'aime nos corps qui se frottent et se hument, se touchent et se caressent.
J'aime celui qui sait inventer Dieu pour réunir les hommes.

Mais, je hais l'Homme.
Je hais sa lourdeur, son arrogance et sa courte vue.
Je hais ses mots en système, son imagination régressive.
Je hais les statues abattues, les livres brûlés, la censure et la poudre à canon.
Je hais les murs barbelés, les fenêtres barreaux.
Je hais les Talibans et les inquisiteurs.
Je hais haïr, mais je hais quand même.
Je hais le tyran, le prosélyte et l'égocentrique.
Je hais les corps qui s'affrontent, mutilent et exterminent.
Je hais celui qui ne sait pas voir ce qu'il y a de promesse dans une vie.


Celui-là n'est pas digne d'être appelé Homme. 
Il n'est que singe hurlant sur son frère pour lui prendre caverne, femelles et quelque bon point d'eau.
Dans chaque massacre, dans chaque silence complice, il y a l'agonie de l'humain.
Ma propre agonie. 

Sauvons la Syrie.

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