mardi 15 mai 2012

Hollande à l'Elysée



On va encore dire que je suis naïve tendance midinette, mais j'étais émue.
J'ai aimé le discours, la référence clairement humaniste, la liste nette des galères attendues, l'ambition affichée de préserver la dignité à tous prix, malgré la crise, malgré les tensions idéologiques, malgré les dysfonctionnements systémiques.
Un discours politique pour une investiture présidentielle c'est quand même plus opportun qu'un spectacle inaugurant un loft story elyséen, comme ce fut le cas il y a 5 ans, (avec les rebondissements que l'on sait…).

Bien sûr, ce sont des mots. Mais ce ne sont pas QUE des mots. 
Le "vrai travail", la frontière, l'identité nationale… ne sont pas QUE des mots ; la justice, la démocratie sociale, la simplicité et la dignité, non plus. En politique, chaque mot compte. Ils dessinent une ambition, un positionnement dans un paysage d'idées. Ce n'est quand même pas rien.

Les faits, eux, diront ce qu'il en est de cette belle intention.
Les faits et peut-être, très vite, les mots qui seront prononcés dans le prochain discours : celui que François Hollande doit donner aujourd'hui, à propos de Jules Ferry, valeureux fondateur de l'école publique et laïque, mais aussi monstrueux chantre du colonialisme. 

Parce qu'après le discours de ce matin, censé indiquer la ligne idéologique de ce quinquennat, on espère qu'Hollande s'expliquera sur cet hommage rendu à celui qui disait en 1885 : "Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. (...) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures."


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