mardi 15 mai 2012

Hollande : une certaine vision du travail




Alors là, respect.
J'attendais tout ouïes le discours sur Jules Ferry.
Je pensais rester mesurée, voire un brin fâchée, mais il m'a eue : Il n'y a eu qu'un merci aux lois Ferry, précédé d'une condamnation de ses positions colonialistes, et un immense et très bel hommage à l'école laïque, gratuite et républicaine. 
Ce ne fut pas une ode à l'Education nationale mais à l'enseignement et à celles et ceux qui le mettent en œuvre. Et cette ode a encensé l'idée du métier.
C'est le respect du métier qui justifie la remise à l'honneur de la formation des maîtres par François Hollande, or il me semble que l'idée même de métier a beaucoup souffert ces dernières années. Elle a été humiliée par l'incapacité de valoriser les seniors dans le monde du travail, elle l'a été plus encore par les délocalisations massives qui n'ont pas dit autre chose aux ouvriers que : votre métier n'est rien, ce que vous faites, n'importe qui peut le faire.
C'est le métier, pourtant, qui donne goût au travail, parce que c'est la partie la plus noble du travail, ce dont on est fier, ce qui est au-delà de ce que cela rapporte.
On fait encore le tour de France des savoir-faire pour devenir ouvrier-Compagnon du devoir. On ne le fait pas pour gagner plus (la modération tarifaire est déontologique chez les Compagnons). On le fait par goût du métier, parce que derrière l'idée de métier se cache celle de techniques à partager, à faire progresser pour les générations futures… une certaine idée du progrès, en somme. Un truc qui vous donne l'impression d'apporter une pierre à l'humanité, même pour les plus humbles.

Derrière cette prise en considération du métier, il y a des mesures concrètes dans le programme de Hollande : pour l'Education nationale mais aussi en faveur du développement des PME. Seront-elles suffisantes ? Iront-elles même jusqu'à leur terme ? Nous verrons.
C'est en tous cas une approche plus humaine et plus enthousiasmante qu'une réflexion sur la rentabilité du travail à court terme.
Cela pourrait même, si la sauce prenait, constituer un facteur de croissance… sinon d'un point de vue quantitatif, au moins d'un point de vue qualitatif.

Cet après-midi en tous cas, sur les bords du cortège auquel pouvaient se rendre les collégiens parisiens, l'ambiance était nettement plus enthousiaste qu'à son arrivée à l'Elysée : François Hollande s'est ressourcé en serrant moult pognes conquises.
Le voilà galvanisé pour une soirée berlinoise sans doute moins chaleureuse, d'autant que, c'est officiel, il n'y aura pas de gouvernement en Grèce et de nouvelles Législatives sont convoquées. L'imbroglio grec ne fait que commencer.

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