mardi 8 mai 2012

Karachi - 10 ans d'ombres



On célèbre toujours les victoires. Même si l'on y pleure les morts, ce sont les jours victorieux que la mémoire collective érige en fête. 
Le 8 mai férié, c'est donc le rappel qu'il y a 67 ans, on annonçait la capitulation de l'Allemagne nazie, la fin d'une des plus immenses barbaries - sinon la pire - qu'ait connue l'humanité dans toute son histoire. A cause de ce qu'il célèbre, il est cohérent que ce jour soit à la concorde et à l'apaisement, surtout après les semaines houleuses que nous venons de traverser. 
Disons donc que l'on peut comprendre que François Hollande ait préféré honoré la proposition de Nicolas Sarkozy d'être présent aux cérémonies officielles plutôt que d'aller comme prévu, à Cherbourg, aux côtés des familles de l'attentat de Karachi. Pour calmer le jeu politique, il est apparu opportun d'opérer une petite modification dans l'agenda du président élu avant-hier.

Parce que c'est vrai, eu égards aux doutes qui planent sur des proches du président battu dans l'affaire Karachi, la présence de François Hollande à la cérémonie d'hommage aux victimes de cet attentat aurait pu passer pour de la provocation. On parle là de 15 personnes tuées dans l'explosion d'un bus au Pakistan (dont onze Français) il y a tout juste 10 ans. A priori pas à cause d'un fou fanatique mais, de plus en plus vraisemblablement, pour quelque chose qui commence à ressembler à une affaire de gros sous sur fond de financement de la campagne de Balladur en 1995.

Disons aussi que l'annonce de la levée du secret d'Etat sur un certain nombre de dossiers de cette affaire compense un peu - mais tout juste - l'absence d'officiels de poids (quelques ministrables par exemple) à cette triste commémoration.

Il y avait quand même Bernard Cazeneuve, le maire (PS) de Cherbourg, qui heureusement rappela que cette levée (partielle) du secret d'Etat sur cette affaire était "un devoir moral".

C'est juste la moindre des choses.







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