mardi 22 mai 2012

La poudrière syrienne


(suite)

A cause du récent sommet de l'OTAN, j'avais besoin de ce préambule cartographié pour revenir à la Syrie (voir précédent article). Il me fallait regarder les mouvements opérés par des armées éparpillées, mais qui n'en marchent pas moins dans la même direction : les rives de la Méditerranée. 
Parce que sans doute n'est-il pas tout à fait faux de dire que les fondamentalistes musulmans sont aujourd'hui présents dans la rébellion syrienne, quand bien même ils ne seraient qu'une poignée. Au Moyen-Orient, un conflit qui pourrit est un lit pour l'affrontement des prosélytismes. Qu'il soit né dans un espoir démocratique adjoint seulement à l'horreur le sentiment d'un immense gâchis.

A Damas aujourd'hui 100 personnes ont été tuées dans un attentat visant un restaurant. Homs est bombardée quotidiennement. Ca et là, des combats sporadiques ajoutent quelques unités aux dizaines de morts qui tombent chaque jour. Voilà pour les faits les plus récents. Pour le bilan : 15 000 morts, 65000 disparus, 60000 réfugiés (précéder chaque chiffre du redoutable "au moins").
Désormais, le conflit dépasse  les frontières syriennes. La Turquie et la Jordanie peinent à faire face à l'afflux des réfugiés et les belligérants s'affrontent jusqu'au Liban dont le sort est depuis longtemps lié à celui de son voisin syrien.

Devant cette balkanisation annoncée, l'ONU est impuissante et ses observateurs sont de plus en plus souvent visés par des attaques émanant d'on ne sait qui. 
Sombre tableau dont la réalisation n'est permise que par l'alliance sordide de tristes sires protégeant l'un des leurs ; dictateurs amoraux ou idéologues psychorigides, tous liberticides. Assad, Poutine, Hu Jintao.
Messieurs, que protégez-vous donc ? Quel profit tirez-vous de cet embrasement-là ? Qu'avez-vous à gagner à cette poudrière ? Dans ce pourrissement avancent des soldats que vous ne contrôlerez plus. Aux portes de l'Europe. Aux portes de l'Asie.






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