mardi 22 mai 2012

Maître queue

Pendant quelques mois, l'escalier de mon immeuble a reçu moult visites : au petit matin en costume-cravate et attaché-case, les samedi et dimanche en jogging et baskets, des hommes pressés. Tous s'arrêtaient au premier étage où un charmant lupanar de deux pièces cuisine salle-de-bain accueillait les amateurs de sexe payant. J'imaginais assez bien le retour de monsieur au bercail le dimanche avant le déjeuner familial et sa fuite express sous la douche pour rincer la sueur du jogging… pardon, le rouge à lèvres de mademoiselle.
Le lupanar a fini par déménager, après le troisième braquage : parce que chez ces dames, il y a beaucoup de cash et que sans protection…
Comme hier à l'annonce de l'ouverture d'une enquête pour viol en réunion dans le cadre de l'affaire du Carlton, quand j'entends parler de DSK, je pense à tous ces clients du premier étage. Certains dans la misère sexuelle, d'autres adeptes de pratiques mal assumées, d'autres, enfin, des addicts au sexe : des pauvres types et des vrais salauds. Pas tous méprisants pour les femmes. Quelques-uns franchement démolis de culpabilité.
Rocard a sans doute raison : DSK est un malade.

Mais DSK n'est pas un malade comme les autres. C'était un malade puissant, à la tête du FMI. C'est un type qui prétendait à la présidence d'un pays alors qu'il se savait dépendant, alors qu'il se connaissait des relations mafieuses, alors qu'il ne pouvait pas ne pas être sous influence, au moins celle d'un piètre maître chanteur. Même avec de l'indulgence, cela fait de lui un sale type et l'on n'a bien du mal à pardonner la violence faite aux femmes, à donner au diagnostic psychiatrique valeur de circonstance atténuante. Alors quand il demande des dommages et intérêts à Nafissatou Diallo, on a qu'une envie : qu'il dégage pour de bon, qu'on entende plus parler de ce type.

Tricard en politique, l'homme à la trique agitée devrait pourtant faire encore la Une quelques temps : à hue et à dia, ce type a forniqué du nord au sud et il est plein aux as. Comme autrefois les recherches en paternité, DSK serial fucker devrait avoir droit à sa série de procès en relations non consenties. Il pensait sans doute avoir assez payé pour posséder définitivement la paire de fesses et son silence.
Même pas la classe d'un Don Juan, même pas l'esthétique d'un séducteur. Du cash, un cul et hop là boum : "la bandaison, papa c'est juste un coup d'Viagra"

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