jeudi 24 mai 2012

Un petit effort de mémoire, Angela


Je ne vois comment on pourrait excuser ceux qui s'enrichissent sur le dos de la dette. Ce ne sont que charognes et dévoreurs de misère. Ces types-là ne valent pas mieux que des marchands d'armes : comme eux, ils ont intérêt à l'instabilité et l'on meurt aussi de misère.

Pour cette seule raison, parce que les euro bons, en harmonisant les taux d'emprunt de tous les Etats membres, permettent de freiner cette honteuse spéculation, Angela Merkel a tord de s'opposer à leur émission. Elle emprunte à 1,5 % quand d'autres le font à 5,5 %, ces derniers s'enfonçant un peu plus dans la crise. Un 2,5 ou 3 % pour tous permettrait aux pays les plus enlisés de trouver une issue.

De quel droit d'ailleurs l'Allemagne refuserait-elle ? Parce qu'elle devrait alors accepter que ses taux soient plus élevés ? Oui. C'est vrai. Comme il est vrai que l'Allemagne a fait de nombreux efforts pour sortir indemne de la Réunification alors que d'autres Etats ont été bien moins prévoyants. 

Certes, l'Europe coûte cher à l'Allemagne. Mais combien y gagne-t-elle ? Combien de ses entreprises ont profité des investissements réalisés par l'UE chez les nouveaux membres de l'est, à ses frontières ?
Angela Merkel devrait se souvenir aussi que la réunification allemande a coûté aux autres pays européens une hausse conséquente des taux d'emprunt. Elle devrait garder en mémoire comme ont été assouplies les règles européennes en 2005, pour permettre à la France et à l'Allemagne d'échapper aux sanctions, alors même que leurs déficits avaient dépassé les critères requis. 

Aujourd'hui, c'est sa solidarité qui est requise et l'Allemagne doit jouer le jeu : ce serait juste et surtout, nécessaire. L'Europe n'a de sens qu'unie. Elle doit être forte et montrer un seul visage : en face, les blocs sont constitués (USA, Chine…). 

Elle doit le faire vite parce que pendant que rien ne bouge, rien ne s'arrange et tout se dérange. 

En savoir plus sur le tribut de l'Allemagne à l'Europe sur Slate.fr

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