lundi 11 juin 2012

42 % de silencieux

La gauche arrive en tête, la droite parlementaire n'est pas déconfite, Jean-Luc Mélanchon prend une tôle et Marine Le Pen exulte : elle fait plus de 40 % à Henin-Beaumont, sa nièce dépasse les  30% à Carpentras et Gilbert Collard, avec plus de 34 % des voix, pourrait l'emporter dans la deuxième circonscription du Gard, son rival UMP hésitant à se maintenir. Trois députés FN pourraient donc l'emporter et 5 arrivent en tête de leur circonscription au premier tour. 

Pire peut-être : quels que soient les résultats du second tour, ils risquent de ne pas représenter la moitié des électeurs ; les abstentionnistes arrivent en tête (42 % de silencieux).
Rude revers pour la politique. 
Rude revers pour la citoyenneté.

Mais vrai ! Force est d'admettre que les hommes politiques des deux dernières générations, et en tête sans doute François Mtterand et Nicolas Sarkozy parce qu'ils ont été ceux qui avaient le plus fait rêver et donc ceux qui ont le plus déçu - n'ont fait que discréditer le rôle même de la politique dans nos sociétés. 
Pas seulement à cause des affaires. Pas seulement à cause des querelles de personnes et de clocher. Surtout à cause de leur immense impuissance à décider des affaires du monde, à cause de leur renoncement, bien avant celui des électeurs, à faire valoir que c'est la politique qui décide, elle qui oriente les tendances économiques, culturelles, sociales…
Leur impuissance qui laisse des gamins dormir dans la rue.
Leur impuissance à aider vraiment la Grèce et l'Espagne.
Leur impuissance à faire tomber Bachar El Assad.
Leur impuissance à nourrir la planète.
Leur impuissance à garder les usines ouvertes. 
Bref, nul n'y croit plus.

Il n'empêche : on oublie quand même que ne pas voter c'est affaiblir la légitimité des élus face à des contre-pouvoirs qui n'ont que faire de l'avis et de la situation des populations. Cette abstention-là, si elle se répétait au second tour, pourrait être envoyée à la face de nos dirigeants à n'importe quel moment et François Hollande aurait peut-être plus de peine à faire entendre la voix de la croissance, et surtout celle de la politique, ici comme ailleurs.

Aux débuts de la cinquième république, le taux d'abstention avoisinait les 20 %. Il s'est installé autour des 30 points à la fin des années 1980. Il atteignait les 40 % au second tour de 2007 et a battu hier un record.


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