mardi 19 juin 2012

L'Histoire, c'est la mémoire des Hommes

Ce matin, 700 000 élèves de Terminale planchaient sur leur copie d'histoire-géographie. Ceux de Première S passeront cet après-midi l'épreuve anticipée de cette même discipline, celle-ci leur ayant été amputée d'une année par feu le gouvernement Fillon. 
Le gouvernement Ayrault a annoncé qu'elle serait proposée en option l'année prochaine et rétablie ensuite. C'est heureux, tant les programmes d'histoire et de géographie sont essentiels à la compréhension du monde.

En Terminale, le programme d'histoire commence à la fin de la seconde guerre mondiale. Comme quand je passais le bac, sauf qu'alors il couvrait une période de 40 ans et s'arrêtait à l'aube de la Perestroïka. Depuis, la Chine et l'Inde se sont levés et avec eux nombre de pays émergents, il y a eu la guerre en Croatie, en Bosnie. Vladimir Poutine a remplacé Eltsine et Gorbatchev est mort. Il y a eu la guerre du Golfe, les attentats du 11 septembre, le protocole de Kyoto, Tchernobyl, la nébuleuse islamiste… Tout cela est au programme des élèves de Terminale S qui engrangent aussi quelques précieuses clefs de compréhension du monde actuel en géographie. Au programme : les mécanismes de la mondialisation, le rôle des différentes organisations internationales, les grands pôles de développement, etc. 

Le sarkozisme voulait la performance, l'efficacité, la rentabilisation des investissements ; rien d'étonnant donc à ce qu'il fantasme sur une école qui soit d'abord un centre de formation professionnelle. Assez logiquement, il fallait renforcer la spécialisation.
Sauf que c'est s'éloigner franchement de l'idéal de l'école républicaine : la formation de citoyens critiques. L'histoire à l'école c'est le devoir de mémoire, la géographie c'est le devoir de compréhension du monde actuel. C'est juste fondateur de la citoyenneté : il ne peut y avoir de vote éclairé sans connaissance de cela, pas de démocratie sans l'exercice de ces devoirs là.

Pire : c'est justement là où sont formés les dirigeants de demain que cette discipline a failli disparaître. Parce que — on peut trouver cela regrettable, mais c'est ainsi — les élèves de Terminale S seront ceux qui majoritairement auront accès aux filières d'élite. A moyen termes, ils occuperont donc les postes de décision les plus importants : ils inventeront les technologies de demain pour l'industrie, pour la santé, pour nos loisirs, nos déplacement, nos énergies, pour l'armement, etc. Ils dirigeront la plupart des entreprises, des banques, des administrations centrales, ils feront l'économie et la finance de demain…
 Autant de missions à haute responsabilité qui ne peuvent être confiées qu'à des citoyens éclairés.


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