mardi 5 juin 2012

Syrie : guerre civile et de religion

  


La Chine et la Russie l'ont répété : ils ne veulent pas d'autre chose que du plan Annan, déjà caduque, pour régler la crise syrienne. Il y a donc peu de chances que le pays puisse éviter la guerre civile, si tant est qu'il n'y soit pas déjà.
Parce que les deux camps sont armés : l'armée syrienne déjà pas trop mal équipée bénéficie de l'aide russe. Les rebelles quant à eux ont déjà profité de quelques livraisons, saoudiennes notamment. Ils restent toutefois largement sous armés face à un adversaire largement mieux loti. (voir article du Monde)

Mais qui se bat contre qui ?
Des rebelles des débuts, jeunes enthousiastes rêvant d'un monde nouveau, il ne doit plus rester grand chose. Les coups ont été trop sévères. Seuls sont restés les plus radicaux que la répression a poussé à bout. Bachar El Assad a beau jeu désormais de parler de terroristes : il y en a certainement, dans le lot des combattants, qui ont été entraînés dans un pays voisin. 
Il peut aussi évoquer une "guerre venue de l'étranger" car les opposants syriens peuvent compter sur l'appui de quelques riches voisins pétrolifères : Sunnites, ceux-ci ne verraient pas d'un mauvaise œil la chute du clan Assad qui lui, est chiite alaouite, dans un pays majoritairement sunnite*.

Vieille querelle religieuse. Vieille de près de 1500 ans. 
Mais il suffit d'un rien pour que les communautarismes renaissent, transfrontaliers : il suffit d'un intérêt ou d'un ennemi commun. 
Ces guerres-là portent en germe la radicalisation. Ce ne sont pas les modérés qui combattent jusqu'à la mort. 

* En 632, quand il fallut choisir le successeur de Mahomet, deux clans s'affrontèrent. Plus ou moins désigné par Mahomet de son vivant, le gendre et cousin du prophète, Ali, n'a pas été choisi. La scission est en marche et les deux clans s'affrontent encore quand Ali devient finalement Calife après l'assassinat de Othman en 656. 
Elle deviendra inextricable quand Al-Hussein, le dernier calife chiite, descendant d'Ali, fut massacré, la tête tranchée, à l'issue de la bataille de Karbala, véritable massacre et récit fondateur de la tradition chiite, en 680.
Aujourd'hui, les Sunnites sont très largement majoritaires (+ de 80%) dans le monde. Les Chiites ne sont majoritaires qu'en Iran (où c'est la religion d'Etat), Azerbaïdjan, Irak et Bahrein. Ils représentent 15 à 20 % de la population syrienne.
 

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