mercredi 18 juillet 2012

Le pire du pire


La bataille de Damas a commencé. Aujourd'hui, un attentat au cœur de la capitale a causé la mort du Ministre de l'Intérieur.
Qui hésiterait encore à parler de guerre civile ? Peut-être le commentateur agressif qui sur ce blog, se plaint de me lire à 6h du matin (je ne lui ai rien demandé) et me traite de "connard" parce que je m'insurge contre l'horreur syrienne en citant Neruda pour demander que soient punis "les défenseurs de ce crime".
Les arguments sont toujours les mêmes : le fiasco irakien et, en Libye, l'élimination pour le moins douteuse de Khadafi.
Alors quoi ? Parce que l'humain a échoué ici, il faudrait accepter en silence que soient commis ailleurs des crimes contre l'humanité ? Ne rien dire et laisser massacrer ?

Mais vrai, je ne suis pas allée en Syrie, je ne suis pas allée à Tombouctou. Je n'ai pas plus souffert dans les camps de la mort de la Shoah, pas voyagé à bord des galères négrières, ni porté d'arme à 10 ans dans quelque conflit diamantaire. Cela ne m'empêche pas d'être profondément offensée chaque fois qu'est commise une atteinte à la dignité de l'homme. 
Alors non, je n'en resterai pas à mes dessins. Ne vous déplaise M.le commentateur manifestement aficionado de Marine et passionné d'armes à feu, mes mots continueront de dénoncer pour que plus jamais la bonne conscience ne puisse se retrancher derrière un fallacieux "nous ne savions pas". On tue en Syrie, de sang froid, des familles, des gosses. Cela doit être dit et répété parce que cela doit être su !

Quant à ceux qui pensent que c'était mieux avant, que parfois le joug d'un dictateur vaut mieux que les conflits, je répondrai que nulle part les dictateurs n'ont réglé les problèmes, que partout ils n'ont fait que les étouffer, creusant plus profondément encore le lit des antagonismes. Faites taire une opinion, elle deviendra frustration et attisera les haines. C'est inévitable : l'homme a besoin de penser, même si cela ne se voit pas toujours.

Alors à vous qui prenez pour de la bêtise tout ce qui ne pense pas comme vous, je vous le dis : si mes propos vous dérangent, ne les lisez pas, cela m'est égal. 
Mais de grâce, gardez vos insultes et votre intolérance. Moi, j'ai peu de haine pour les hommes en particulier, pas même pour Poutine ou Assad. Mais de la tristesse, oui, énormément… et une honte immense de voir des hommes commettre ces crimes et d'autres les excuser au nom d'un hypothétique "moins pire". Le pire du pire, c'est l'acceptation de l'indignité, c'est d'être munichois, c'est d'être collabo !

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