jeudi 19 juillet 2012

Qu'il dégage !

Hier, trois grands ordonnateurs de la répression syrienne sont tombés dans un attentat. Parmi eux figurait le beau-frère de Bachar el Assad. 
Hier, on a dansé chez les opposants syriens jusqu'à Paris. Dans la diaspora syrienne exilée avant Bachar, du temps du père, on s'est surpris à reprendre espoir, à imaginer la libération de l'ami emprisonné depuis 25 ans, à croire qu'on pourrait retourner au pays sans risquer d'être arrêté à la descente de l'avion… revoir la tante, le frère… s'ils sont en vie. 
Religieux ou laïcs, sous les bombes ou en exil, hier, l'opposition syrienne était unie dans la liesse : cet étêtage partiel du pouvoir syrien est un pas de plus vers le départ d'Assad, or s'il est un but, et peut-être le seul, vers lequel tous convergent, c'est bien celui-ci : qu'il dégage !

Certes, Bachar est encore là, sans doute en train d'orchestrer depuis un village de la côte, les opérations de représailles. Certes, on ne sait pas non plus encore quel sort la Russie réservera à l'ultime résolution du Conseil de Sécurité dont le vote a été reporté à aujourd'hui après cet attentat, mais on craint un troisième veto. Bref, rien n'est encore gagné pour les insurgés dont la puissance de frappe reste très inférieure à celle de l'armée syrienne. Une page se tourne mais nul ne sait encore lire la suivante.
A Damas pourtant, en préparant les valises parce qu'on fuit par centaines les maisons que la télévision et l'armée appellent à quitter ; en franchissant un à un les nombreux barrages, en panique, on commente déjà les folles rumeurs sur la fuite de Bachar et de son clan, on commence à croire à son départ.
Espoir dérisoire avant que tombent les bombes sur les maisons que l'on laisse. Demain, commence le ramadan. Les jours d'été sont longs, plus longs encore en temps d'exode.

Qu'il dégage ! Qu'il dégage avant la ruine !

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