vendredi 20 juillet 2012

Vacances, j'oublie rien



Je connais quelque part un coin de Paradis. Un jardin ensauvagé et sans clôture au milieu duquel des murs de pierres et de bois forment maison. Là, un potager attend mes soins, ici, des fleurs fanées doivent disparaître pour qu'en naissent de plus fraîches. 
Ce lieu me manque. C'est quelque chose qui ressemble à une terre, un port d'attache. D'en parler, j'en respire les parfums, j'en goûte les saveurs, j'en entends les bourdonnements… presque, je plisserais les yeux dans mon atelier assombri pour ne pas être aveuglée par son soleil généreux.
Il est temps que je parte ! J'ai rendez-vous avec Dame Nature.

Mais, à l'heure où je pars, j'ai l'esprit inquiet.
En Syrie, Bachar el Assad est encore là, toujours en possession de moyens militaires et d'appuis conséquents, à commencer par ceux de la Chine et de la Russie qui, hier encore, ont rejeté la résolution de l'ONU. Des armes chimiques s'y baladent, des quartiers entiers de Damas sont pris d'assaut par les forces armées tandis que les combats se rapprochent des centres du pouvoir. On pilonne à l'arme lourde. 30 000 réfugiés syriens sont passés au Liban en 48 heures, s'ajoutant à plus de 110 000 qui ont déjà franchi les frontières depuis 16 mois que dure ce conflit. Le Liban mais aussi la Jordanie et la Turquie sont aux premières loges et peinent à faire face.

A l'heure où je pars, c'est déjà l'enfer au Sahel. La crise alimentaire y touche 18 millions de personnes et tous les pays de la zone, déjà submergés, doivent faire face à l'afflux de réfugiés fuyant les combats et la Charia au nord du Mali : 160 000 Maliens se sont réfugiés au sud du pays, 250 000 sont allés gonfler les rangs des affamés des autres pays sahéliens.

A l'heure où je pars, la crise ne s'arrange pas en Europe, le monde change et se radicalise, des pays pratiquent l'apartheid et murent des ilots de pensée unique. 
Je pars et je sais que les poubelles amaigries en cette période estivale ne nourriront plus ceux qui demeurent au coin de la rue…

Mais je pars quand même, bien décidée à en profiter. I'm still alive !

Je pars et j'abandonne là mes chroniques régulières. A moins que l'envie, l'urgence, le besoin, la tentation… et une connexion adéquate ne m'autorisent à poster ici quelques cartes postales.
Sous le soleil, un brin d'herbe entre les dents, j'essaierai tout de même de garder les yeux bien ouverts et l'oreille attentive. Mon journal me suivra et je garderai pas très loin mes feuilles, ma plume et mes vernis, des planches, des gouges et des pigments. 
Je ne sais pas me taire.

Très bel été à tous !

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