jeudi 23 août 2012

Nom de Zeus !





S'il était tombé à terre, Jamel serait peut-être mort sous le lynchage.
Elu sarthois, il passait des vacances à Bizerte, en Tunisie, avec sa femme et sa fille de 12 ans. Madame portait un débardeur et mademoiselle un short : il fut roué de coups pour cela, pour des épaules dénudées et une gamine jambes nues, dans la ville où il est né. Nul ne l'a secouru.
Par chance, il n'est pas tombé à terre, a pu prendre ses jambes à son cou pour aller soigner les contusions multiples qui couvraient son corps et son visage. Jamel a 62 ans et a écourté ses vacances sur la terre de ses ancêtres.

Mais que faisaient ces Salafistes à Bizerte, armés de matraques et de gourdins ? Ils étaient venus infiltrer, pour la gâcher, la 30e édition du festival de musique de Bizerte.
Parce que ces Salafistes ont manifestement quelque peine avec la création culturelle* : elle est œuvre de l'homme et à ce titre une falsification de la parole de dieu, une réinterprétation fallacieuse. En terre salafiste, on n'aime pas que la culture change, évolue. En terre salafiste, on veut l'unicité de dieu, pas la diversité des hommes.
En terre salafiste, on se défie du plaisir des hommes : celui de la contemplation d'une œuvre, celui que procure aux oreilles et à l'âme quelques notes de guitare sur un chant langoureux, celui d'un souffle d'air et d'un rayon de soleil sur une peau nue.

Le Salafisme est opposé à la démocratie et à la laïcité : elles sont acceptation de la diversité des opinions et donc contraires à l'unicité de la parole de Dieu. Alors, haro sur le libre arbitre  !

Hier, quelques dizaines de journalistes manifestaient à Tunis contre la mainmise des Salafistes sur la presse. Triste postérité pour le printemps arabe : rares sont les hommes épris de liberté. Beaucoup lui préfèrent le joug encadrant. C'est rassurant.
La liberté, elle, est manifestement anxiogène et les radicaux de tous poils l'emportent sur la vie.

*voir chronique "censeurs, je vous hais."

1 commentaire:

  1. Petit appel d'Amnesty pour aider les femmes tunisiennes à conserver leurs droits.
    http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Discriminations/Discriminations/Actions/Garantissez-le-respect-des-droits-humains-dans-la-nouvelle-Constitution-tunisienne-5943

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