lundi 27 août 2012

Pénible rentrée du gouvernement



70 personnes dont 19 enfants de moins de 10 ans ont été tirées du lit ce matin, pressées de prendre ce qu'ils pouvaient emporter pour dégager manu militari de leur campement de fortune, en bordure de RER à Evry, ex commune de l'actuel ministre de l'Intérieur.
70 personnes dont 19 minots. Roms.
La Croix Rouge les a casés où elle pouvait, pour 3 ou 4 jours. 

"Destruction d'un campement illégal de Roms" : l'annonce est devenue classique et survient toujours, comme les expulsions des squatts, au petit matin. Bref, pour les Roms, rien ne change. C'est juste encore plus scandaleux parce que la justice devait se prononcer demain sur ce camp et que la Police l'a devancée ! C'est juste plus scandaleux encore parce que l'expulseur est socialiste et que sur cette question précisément, ils avaient promis qu'ils feraient mieux…

Et s'il n'y avait que cela au débit du gouvernement : je passe sur la soudaine real politik d'Arnaud Montebourg qui semble avoir de nouveaux adversaires chez PSA mais ses propos sur le nucléaire — et le soutien de Valls qui décidément aurait été bien inspiré de se montrer discret aujourd'hui) — frisent carrément l'amateurisme.

Certes, on peut admettre que l'urgence des besoin énergétiques et la nécessité de réduire notre consommation d'énergies fossiles rendent peu crédible l'abandon immédiat, et par toutes les nations, du nucléaire. L'Allemagne elle-même va bien devoir s'approvisionner quelque part, en l'occurence dans les centrales nucléaires des pays voisins ou en développant des centrales à charbon pas vraiment écologiquement correctes. 
Mais quand même, parler d'une "énergie d'avenir", alors qu'il s'agit d'une bombe à retardement dont on voit qu'elle est mal maîtrisée et que ses coûts sont de plus en plus prohibitifs, c'est oublier que l'avenir se pense à moyen et long termes, pas seulement à l'échéance des appels d'offres qui permettraient à la France, experte en nucléaire, d'assurer un peu de redressement productif à ce pays.
En attendant, à court termes, l'urgence est ailleurs : il y a des gosses qui dormiront dans la rue le jour de la rentrée scolaire et une bonne partie de l'année. Les 20 000 postes supplémentaires de Vincent Peillon ne serviront guère à ceux-là. 

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