jeudi 13 septembre 2012

De tout coeur avec les profs


Elle était toute petite et toute douce, avait les cheveux bruns bouclés et un sourire tout doux. Elle m'a appris à lire, à écrire et à compter.

Elle avait les cheveux longs et blonds, raides comme des baguettes : quand Franco est mort, elle n'a pas fait classe, ni aucun des autres instituteurs de cette petite école de Nanterre, et nous avons fêté, comme il se doit dans l'école républicaine, la mort du dernier dictateur européen.

Elle mangeait son majeur et postillonnait sur tout le premier rang, mais savait comme personne me conduire au bout de mes mots pour que je déroule mes poèmes adolescents.
Il était sévère et craint ; mais quand il racontait, je voyais les asticots courir sur le nez de Madame Vauquer pourri comme une vieille souche d'arbre vermoulue. J'ai aimé grâce à lui les descriptions interminables, découvert la beauté du verbe et le plaisir de lire.

Je pourrais en citer 100.
Comme la plupart de nous tous, je leur dois l'essentiel de ce que je suis et presque tout ce que je sais.

Cette semaine, deux enseignants ont été agressés, l'un par un élève, l'autre par une mère, et je suis en colère : honte à ceux qui ne savent pas même respecter ceux qui donnent tout leur savoir et toute leur patience à des têtes brunes ou blondes et qui en sauvent beaucoup du marasme social.

Il sont là pour donner et reçoivent vraiment très peu… sinon des coups.

Solidarité indéfectible avec les enseignants.

1 commentaire:

  1. Absolument ! Mais qui de nos jours se soucie de Balzac (dans l'oeuvre de qui tant d'arrivistes jeunes ou vieux pourraient se reconnaître dans notre société tout entière placée sous le signe du fric) ? La lapidation en règle à l'égard des enseignants, orchestrée par les médias (parfois par les ministres) et relayée par de pauvres gens qui auraient pourtant tout à attendre de l'école n'est pas un bon signe...

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