lundi 17 septembre 2012

Je doute, donc je suis.




Le dieu des Chrétiens n'est pas mort sous la plume de Marx. Il n'est pas mort non plus sous celle de Nietzsche. Ceux-là n'ont fait que l'enterrer dans la fosse commune.

Le dieu des Chrétiens est mort bien plus tôt, une nuit de Saint Barthélemy. 
Il est mort dans le Luberon quand furent massacrés des centaines de Vaudois. Il est mort dans le sillage des Indiens enchaînés, des Nègres embarqués. Il est mort à Valladolid, dans l'avidité vaticane, dans les excès de l'Opus Dei, dans la violence de l'Inquisition, dans la quête du pouvoir contre celle du juste. 
Dieu est mort quand la parole s'est tu pour faire parler les armes, quand les hommes — ces fous de dieu — ont délaissé le verbe pour déchainer la bête immonde : l'homme, ce barbare.

Je suis née chrétienne mais j'ai su ce que mon peuple a commis : ses crimes inouïs, ses soumissions abjectes et ces femmes embrochées nues après des viols multiples… au nom de dieu. J'ai su les peuples effacés parce qu'impies, les bébés fracassés et les corps écartelés dans les salles de torture, les maisons brûlées et les grains confisqués pour que le peuple cède. Quand j'ai su, dieu est mort pour moi, mort de n'avoir pas accepté le débat en son sein, mort d'avoir voulu être autre chose que du verbe : la puissance et la domination.
Les dieux meurent toujours du zèle de leurs fidèles.

Je ne suis pas sûre que l'Homme s'en porte mieux. 
En ces temps de disette où il n'y a d'opulence qu'en paradis (fiscal), je ne vois pas bien ce que notre monde laïc peut répondre aux orphelins de dieu. La république, hélas !, n'a guère fait la preuve de sa capacité à créer de la justice. Son sacré n'a guère fait mieux que d'autres avant lui.
Aucune croyance n'apporte de réponse. Le doute, lui, a le mérite d'interroger et je ne vois d'autre bouclier pour l'homme que la vigilance sur lui-même.

1 commentaire:

  1. "mort d'avoir voulu être chose que tu verbe"
    Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ λόγος, καὶ ὁ λόγος ἦν πρὸς τὸν θεόν, καὶ θεὸς ἦν ὁ λόγος.
    Οὗτος ἦν ἐν ἀρχῇ πρὸς τὸν θεόν.
    Ne confondons pas Dieu, s'il existe n'est comme l'a compris Jean que parole plus il est verbe.
    C'est l'homme qui est illettré quand il 'est pas analphabète. Ne pas connaitre les mots (certains n'en connaissent pas plus de cinquante) alors la violence nait.

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