jeudi 20 septembre 2012

Vas-y Charlie, c'est bon !



200 personnes ont manifesté devant l'ambassade américaine, exhibant les femmes voilées, les barbichettes et les djellabas. Les médias en cœur ont enfilé comme des perles faits mineurs et exactions majeures, comme si la manifestation de 200 fondamentalistes musulmans (bien moins que les 1000 cathos pour une pièce de théâtre !) était le prémisse à de bien plus graves exactions. Et allons-y dans l'amalgame avec le meurtre odieux d'un ambassadeur respecté en Libye.
200 personnes : une paille dans la communauté musulmane francilienne qui a bien d'autres chats à fouetter et qui, si elle se sent offensée par un mauvais film, l'est tout autant et bien plus par la violence de certains des siens.

Comment voulez-vous que Charlie Hebdo ne se moque pas ? Provocatrices ses illustrations ? Bien sûr et c'est heureux (notez quand même que le choix de la vraie couverture était assez soft) ! Dans ce pays laïc, on a le droit de se moquer de dieu. On a le droit au blasphème. C'est essentiel, parce que la liberté de pensée commence par la mise à bas de tous les tabous, de tous les sacrés. La pensée commence quand les certitudes et les croyances sont mises en doute. Le comble serait qu'un pays laïc autorise qu'on se moque de tout sauf des religions. Au nom de quoi ? De dieu ?

Et si cette liberté doit nous coûter de protéger nos ressortissants dans les pays musulmans, si cela doit coûter la colère de tous les religieux, c'est égal : la liberté d'expression mérite aussi cela. Elle doit être défendue à tous prix ! C'est une valeur fondamentale de notre république.
Ce n'était pas le moment direz-vous ? Euh… faut-il le rappeler : Charlie Hebdo est un hebdomadaire d'actualité, il réagit aux faits du moment, pas à ceux d'il y a cent ans. 
Ce n'est pas de sa faute si les fous d'Allah ont tant fait parler d'eux cette semaine.
Comme disait Laurent Joffrin ce matin sur France Info : "Les Musulmans de France doivent s'habituer à ce qu'on se moque des religions". C'est chez nous culturel. Avant d'être laïcs, nous fûmes furieusement anticléricaux. On y a gagné de pouvoir pratiquer ici toutes les religions… ou aucune.

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