jeudi 6 septembre 2012

Vote Obama


Donné en tête avec 3 points d'avance cet été encore, Barack Obama a vu l'écart avec son adversaire se rétrécir comme peau de chagrin après la convention républicaine. C'est dire si l'enjeu de la convention démocrate qui se tient actuellement à Charlotte est important, surtout que la crise n'a guère facilité le travail d'Obama, provoquant d'autant plus la déception des Américains que ceux-ci avaient placé d'énormes espoirs dans ce candidat noir, dont le "Yes we can" voulait résonner comme le "I have a dream" de Martin Luther King. 

Qu'on se le dise : en dehors d'un fâcheux couac sur la réintroduction de Dieu dans la plateforme  démocrate, cette convention démocrate démarre plutôt bien, alors même qu'Obama doit prendre la parole ce soir devant ses militants. C'est que l'homme a pu compter sur deux personnalités ultra populaires aux Etats-Unis : son épouse, d'abord, qui a ému les foules le premier soir et surtout, hier, Bill Clinton qui totalise quelque 70 % de popularité auprès des Américains.
On dit que les deux hommes ne s'aiment guère, surtout depuis que Barack a raflé l'investiture à Hillary, il y a 4 ans. Pourtant, hier soir, Clinton s'est montré plus qu'enthousiaste pour soutenir Obama, démontant un à un les arguments républicains dans une prestation d'une cinquantaine de minutes fort applaudie. Sur l'économie, il a rappelé la catastrophique gestion des Républicains lorsque Bush fils était aux commandes et affirmé que Barack s'en était sorti aussi bien que possible (c'est-à-dire pas moins bien qu'il l'aurait fait lui-même). Sur l'homme , il a affirmé qu'il avait "le feu sacré pour l'Amérique", alors que la posture calme et posée d'Obama n'a guère galvanisé les foules pendant ces quatre ans.

Vu d'ici, on se dit souvent qu'il n'y a guère de différence entre Démocrates et Républicains. De facto, il y en a autant qu'entre le PS et l'UMP. Et comme je ne cautionne pas le discours "blanc bonnet et bonnet blanc" qui ne fait que servir les extrêmes, FN en tête chez nous, il me semble qu'on peut en fait trouver des différences notables entre les deux camps.
Quelques exemples : le candidat républicain est opposé à la réforme du système de santé que Barack Obama a défendu pied à pied et qui entrera en vigueur en 2014. De même, le Républicain prône une ultra financiarisation de l'économie alors même que c'est cela qui a plongé l'économie mondiale dans le marasme que l'on sait. Du côté des relations internationales, ce n'est guère mieux : la radicalisation religieuse du discours est largement à la hauteur de celui de Bush Junior* . Sur les questions de société, enfin, on sombre carrément dans la réaction avec une opposition farouche au mariage homosexuel et une position on ne peut plus ambigüe sur l'avortement (Todd Akin est d'ailleurs toujours en course pour le poste de sénateur du Missouri).

Bref, pour les Américains, comme pour la paix du monde, on ne peut s'empêcher de penser que Barack c'est - au moins - moins pire que Mitt Romney. On ne peut donc qu'espérer que cette convention parvienne à convaincre les 5 % de grands électeurs encore hésitants.

* voir notamment la récente mise en cause de la CIA pour avoir torturé des prisonniers libyens avant de les remettre à Kadhafi.

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