mardi 22 janvier 2013

Israël veut-elle encore consolider la maison ?



Aujourd'hui, 5,6 millions de citoyens israéliens sont appelés à élire leur représentant à la Knesset. 
Ici comme ailleurs, on considère la résolution du conflit israelo-palestinien comme LA priorité de ce pays exigu et quelque peu fâché avec ses voisins. Là-bas, pourtant, tout se passe comme si la question importait peu, comme si croire encore en une solution relevait du doux rêve… comme si la seule priorité était d'éviter une nouvelle crise, une nouvelle catastrophe… une récidive. 
Vingt ans après la signature des accords d'Oslo, quel recul !  Désormais, ce qui compte, c'est de sécuriser, pas d'avancer. Dans ce contexte, les Conservateurs sont logiquement la force du moment. On ne veut pas du neuf, on veut préserver autant que faire se peut, l'équilibre précaire. En témoigne la construction qui se poursuit à un rythme accru de murs et barbelés électrifiés qui sillonnent le pays : plus de 650 kilomètres au total.
L'enfermement, la frontière
Partout, les conservateurs aiment à brandir en promesse de campagne le moelleux d'un cocon protecteur. Benjamin Netanyahou, titillé par sa droite de la droite avec laquelle il devra sans doute gouverner, ne fait pas exception à la règle : le 2 janvier, il inaugurait un tronçon à la frontière égyptienne et annonçait, 4 jours plus tard, la construction d'une nouvelle ligne à la frontière syrienne : "l'armée syrienne a reculé et des agents du jihad mondial ont pris sa place", avait-il affirmé… Avant cela, 1 km avait été construit en avril côté Sud-Liban.

Qu'on se le dise : les Israéliens veulent une maison de pierres plutôt qu'une maison de paille et qu'importe que la Cour Internationale de Justice ait condamné, dès 2004, la construction de la "barrière de sécurité" en Cisjordanie. Mur après mur, les Israéliens s'enferment, rassurés, dans un cocon aux parois qui s'épaississent. On renforce les cloisons, on boucle portes et fenêtres et l'on oublie, dans le jardin, les fleurs qui poussent et puis qui fanent, les arbres qui résistent mal aux tempêtes et la chienlit qui, progressivement, envahit tout.

Dans ce contexte, les 20 % d'Arabes dans la population israélienne n'ont guère le cœur à se rendre aux urnes. De son côté, la gauche, qui hier encore incarnait le fol espoir d'une normalisation, est divisée. Pire : elle évite d'aborder la question qui fâche…
Alors quand tomberont cette nuit les premiers résultats des élections législatives israéliennes, on ne doute pas de voir la coalition au pouvoir - c'est-à-dire le Likoud (la consolidation) et les ultra nationalistes de Israel Beitenou (Israël, notre maison) - l'emporter. On croit déjà savoir que B. Netanyahou sera reconduit. On voudrait croire qu'il devra compter avec les Travaillistes, histoire de mettre un peu de frein à la folie d'enfermement et de désespoir qui frappe le pays. Seulement voilà, le seul qui se soit distingué dans cette campagne sans épaisseur, est un quadragénaire pro-colons, un certain Naftali Bennett, le nouveau leader de la formation nationaliste-religieuse Habayit Hayehoudi ("La Maison juive").
Parfois, les noms ne sont pas choisis au hasard. Gageons que l'alliance de "la consolidation", d'"Israël notre maison" et de la "maison juive" poussera encore un peu plus loin la logique d'enfermement.
Je ne sais pas si c'est toxique, mais ça pue !


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