lundi 14 janvier 2013

Mali, l'angoisse pour tous


Les troupes française sont engagées au Mali depuis vendredi.

On peut, à l'instar de Jean-Luc Mélenchon, regretter que le parlement n'ait pas été saisi, on peut aussi condamner l'ingérence, la Françafrique … Bref, trouver à redire au fait que l'ancienne puissance coloniale ait répondu favorablement à l'appel au secours lancé par ce pays ami. On peut.
Mais il faudrait alors ne pas avoir remarqué comme le monde a changé. Il faudrait croire que l'on en est encore aux guerres d'indépendance, à la lutte contre l'impérialisme européen et/ou américain… imaginer que l'Europe et les Etats-Unis ont encore les moyens de ce colonialisme-là.
Il faudrait faire comme si ne se jouait pas, en zone sahélienne, le combat de ce temps : une espèce de furie bigote, une guerre de religion d'aujourd'hui.
Il faudrait accepter — Munichois que nous sommes ! - que quelque part, des hommes lapident, démolissent, aculturent, obscurantisent… Il faudrait tolérer que s'installe à la frontière d'une Algérie absente, une base arrière de fous de dieu et assumer le risque de contagion à toute la zone.

Mais les Français s'en foutent et, juste après la messe dominicale, les bigots de chez nous défilent la bouche en cœur en portant des banderoles roses, la tête pleine d'une très hypothétique famille idéale…
Pourtant, quand meurent les Maliens, quand sont lapidés les amants de Gao ou sont décapités les homos de Konna et démolis les mausolées de Tombouctou, je crois que Dieu lui-même s'attriste de leur indifférence.

Or ce matin, sur la route de Bamako, la ville de Diabali est à son tour tombée aux mains des Islamistes… Le risque de bourbier est réel : à tâtons l'homme avance ; le barbare, lui, progresse avec des bottes de sept lieux.
Alors hier, je suis allée au Louvre et j'ai goûté plus qu'en tout autre jour,  l'extraordinaire puissance créative du genre humain : je suis allée admirer la collection les Arts de l'Islam.

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