jeudi 24 janvier 2013

Perfide Albion


Hier, David Cameron a annoncé que lui réélu — et si rien ne change en Europe —, il organiserait un referendum pour demander aux Britanniques s'ils souhaitent ou non demeurer membres de l'UE. Populiste et électoraliste en diable, cette annonce nous rappelle, entre autres, l'invitation faite aux exilés fiscaux français…
Ceci étant dit, je préfère laisser à d'autres le soin de commenter, en l'occurrence à Michel Rocard qui dans son livre Mes Points sur les i paru en février 2012, écrivait :

"Faire naître la force commune du demi-milliard d'hommes d'Europe qui restent les plus éduqués du monde et figurent parmi les riches comme parmi les créateurs de savoir est une affaire sérieuse, en fait la seule sérieuse.
Nous devons beaucoup au Royaume-Uni en matière de démocratie comme de résistance au nazisme et j'adore personnellement ce pays que je connais bien. Je pense aujourd'hui qu'il se suicide. Son arrogante culture patriotique est devenue xénophobe et l'englue dans un rêve de non-dépendance qui est en fait le choix de la solitude et de l'impuissance.
Mais c'est lui qui vient de quitter de sa propre décision le processus d'intégration européenne engagé pour défendre la zone euro. C'est son affaire. Mais ce beau et vieux pays est celui qui dès son entrée dans la Communauté économique européenne en 1970 s'est juré d'empêcher qu'elle devienne une entité politique réelle. Voilà très exactement quarante ans qu'il a interdit tout pas en avant dans l'intégration européenne et presque aussi longtemps qu'il ose mettre son veto à l'arrivée à la présidence de la Commission de toute personne ayant une vraie force de caractère. Il impose Sander contre Dehaene ou Barroso contre Junker. C'est lui encore, quand il a bien fallu que l'Europe s'occupe aussi de politique étrangère, de défense et de justice, qui exigea le maintien de l'unanimité, c'est-à-dire de la paralysie sur tous ces sujets."

Un pied dedans, un pied dehors, les Britanniques donnent parfois l'impression de manger à tous les râteliers. Alors je me demande s'il ne faudrait pas interroger tous les Européens sur cette question du maintien du Royaume-Uni dans l'UE… Mais bien vite je me ravise en me souvenant comme nous nous sommes combattus, pendant des siècles… 

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