mardi 19 février 2013

Gbagbo à la CPI



C'est aujourd'hui que la Cour Pénale internationale commence à examiner le cas Gbagbo. Objectif : confirmer, ou non, que Laurent Gbagbo, ex-dirigeant de la Côte d'Ivoire, est bien le co-auteur indirect de crimes contre l'humanité.
Zoom arrière : en 2010, les Ivoiriens étaient appelés aux urnes. Résultat : Ouattara est donné vainqueur mais le clan Gbagbo, président sortant, accuse le camp adverse de fraudes et Gbago refuse de quitter le pouvoir. Dès lors, le pays plonge dans une crise majeure, à la limite de la guerre civile. On se souvient notamment des obus lâchés sur un marché, de la dispersion à la mitraillette d'une manifestation de femmes et des quelques massacres sanglants dans des quartiers pauvres d'Abidjan ou des charniers de l'université de Cocody. La réconciliation nationale est encore des plus précaires en Côte d'Ivoire.

Quatre chefs d'accusation visent Laurent Gbagbo : meurtre, viol et violences sexuelles, actes de persécution et quelques autres horreurs commises lors de la crise post-électorale.
De facto, les milices de Gbagbo n'ont pas chômé pendant cette crise. Reste à savoir si les pro Gbagbo obéissaient à un "plan" systématique orchestré par Gbagbo (et son épouse Simone) qui vivait alors retranché dans un bunker de Cocody. L'existence de ce "plan" justifierait l'accusation de crime contre l'humanité. Gbagbo, lui, continue d'affirmer qu'il n'existe aucune charge contre lui et ses partisans, nombreux, croient à sa libération.

Concrètement, la CPI va examiner jusqu'au 28 février les différentes preuves apportées par l'accusation afin de juger si elles sont suffisantes pour l'engagement d'un procès sous sa juridiction. Pas de résultat attendu de ces études avant fin avril et, s'il y a procès, il ne se tiendra sans doute pas avant l'année prochaine. D'ici là, et si Gbagbo n'obtient pas de liberté provisoire, l'ancien dirigeant déchu continuera de purger sa peine provisoire dans la prison de Scheveningen (Pays-Bas).  Crime contre l'humanité ou non, c'est quand même le refus de Gbagbo de se plier au verdict des urnes qui a plongé la Côte d'Ivoire dans un bain de sang et causé la mort de 3000 personnes. Mais vrai, dans toute cette histoire, on ne peut sans doute pas dire que le clan Ouattara ait les mains très propres. Ce qui, bien sûr, ne tempère pas les crimes commis par le clan Gbagbo.

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