jeudi 21 mars 2013

Crise de doute (message personnel)

L'Agora - technique mixte sur et sous toile - 116 x146 cm


Hier commençait un nouveau printemps. C'était aussi le jour anniversaire du premier post d'ARySQUE sur ce blog. Le temps de faire le point, de regarder le chemin parcouru et de s'interroger sur la suite. Encore.

L'année fut rude et j'ai vu mon regard sur le monde basculer quand me fut annoncée la présence de ce maudit crabe en mon sein. Je sais, l'acte chirurgical fut si radical que l'on peut penser que l'infâme bestiole est derrière moi, partie… Je mesure également ma “chance” d'avoir évité radiothérapie et chimio et d'avoir pu bénéficier d'une reconstruction immédiate : je n'ai été amazone que quelques minutes et j'étais plongée dans un profond sommeil artificiel. Je ne me suis rendue compte de rien.

Mais rien, en fait, n'est plus pareil. L'hormonothérapie fait que j'ai 100 ans plus souvent qu'à mon tour : mes muscles me font mal, mes articulations souffrent et je peine à finir les jours. Je fatigue vite.
Il me faut aussi - et c'est le plus dur - faire le deuil de ce sein qu'on m'a ôté et accepter l'autre : cette prothèse étrangère qui me pèse et que vient contrarier ce souvenir d'un sein fantôme. Parfois, il me semble que je dois apprendre à me reconnaître, corps et âme.
Je mesure combien la concentration m'est plus difficile, la rigueur presqu'impossible : j'ai fait beaucoup d'erreurs ces derniers temps, des passages trop rapides sur des infos trop complexes, des étourderies diverses et variées, des mots que j'ai regrettés avoir écrits sans avoir assez réfléchi. Je sens baisser la qualité et je n'aime pas ça. 

Pour tout vous dire, j'espérais aussi que ce blog susciterait des commentaires, amènerait du débat. Mais le silence s'est fait le plus souvent. Parfois, quelques-uns sont venus m'insulter, s'énervant de mes prises de position, et j'ai souvent pensé que c'était mieux que l'indifférence. Mais je rêvais, moi, d'un débat ouvert, d'une agora. Or, la place est restée vide ou presque.

Il me faut donc réfléchir à autre chose. Faire autrement. Accepter que, pour un temps, le fait quotidien me touche moins que les aspects les moins temporels de nos vies, que mes muses cherchent ailleurs.

Demain, en lieu et place du numéro 35 de la Semaine ARySQUE, je publierai Une Année ARySQUE, un numéro spécial pour toute une année de dessins d'actu. Ensuite ? Je ne sais pas. Mais quelque chose, sans doute.
A commencer par la préparation de votre venue, le 12 avril ;-).

Bien à vous.


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