jeudi 14 mars 2013

Libérez Boukary Daou


Depuis deux jours, la presse malienne s'est tu. Les journalistes sont en grève pour demander la libération immédiate de Boukary Daou, directeur de publication du quotidien le Républicain et arrêté le 6 mars par les services de sécurité maliens pour avoir osé publier une lettre ouverte écrite par un militaire de Gao qui demandait que cessent les traitements de faveur dont bénéficie Amadou Haya Sanogo.

Invité ce matin sur France Info, Laurent Fabius affirmait  : "Nous sommes en train de gagner la guerre. Il faut aussi gagner la paix". Le moins que l'on puisse dire c'est qu'en la matière, l'arrestation de Boukary Daou n'augure rien de bon dans ce pays qui avait su développer un processus démocratique relativement serein jusqu'à ce que… Sanogo putsche le président.

Putschiste, il aurait du être incarcéré. Il aurait du être traité en paria. 
Le chef de l'Etat par interim Dioucounda Traoré l'a au contraire introduit au Palais présidentiel en lui offrant la fonction de Président du comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité. Bref, il contrôle la défense, la police et la surveillance du territoire…
Mais qu'est-ce qui vaut de tels honneurs à ce militaire que Human Rights Watch accuse d'être impliqué dans des arrestations arbitraires, des extorsions de fond, des disparitions, tortures, intimidations et maltraitances ? Cela justement : la peur que suscite ce charismatique chef de guerre et peut-être aussi, un ressentiment plus que partagé envers les Touaregs. 

Il y a fort à parier que l'homme sera candidat aux prochaines élections maliennes censées se tenir en juillet prochain. N'en doutons pas, il a ses chances, ne serait-ce que parce qu'il occupe une place de choix pour bourrer les urnes, trouver de faux électeurs et convaincre les autres par des méthodes plus que douteuses. Déjà, il s'oppose à la libération de Boukary Daou. Déjà, il musèle la presse et c'est un premier pas vers ses ambitions totalitaires.
Le Mali n'est pas au bout de ses peines et Boukary Daou n'est qu'une nieme victime d'un intrigant violent et prêt à tout pour diriger le pays.
Flippant !

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