mercredi 3 avril 2013

Menteurs et voleurs


Non ! Je ne veux pas sombrer dans le discours populiste du "tous pourris". Non ! Je ne veux pas mettre de l'huile sur le feu des haineux et des blasés. Même, j'en veux à Coppé, NKM et consorts qui bichent et se délectent, s'évertuant à faire tomber l'accusation sur tout un camp, tout un gouvernement : ils mettent de l'eau au moulin des belliqueux que l'on entend aux deux extrémités de l'échiquier politique. Ils font le jeu des ennemis de la république en entonnant le dangereux refrain du "tous coupables", eux qui, pourtant, feraient bien de faire profil bas : l'UMP ne manque ni de menteurs, ni de voleurs. Nul n'a oublié les démentis d'Eric Woerth.

Mais vrai. Ce matin, je suis bien obligée d'admettre que les ténors de la droite n'ont pas tout à fait tord : la "république exemplaire" a fait long feu et l'incompétence du gouvernement est de plus en plus criante, tant sont légion les cafouillages et les dédits, les reculs et les atermoiements.
Le gouvernement cherchait à retrouver la confiance des Français ? Mais les Français haussent les épaules et lèvent les yeux au ciel dès que ce mot de confiance est évoqué : qui peut croire les menteurs, qui peut faire confiance à un voleur ? D'ailleurs, le premier qui a menti, c'est le Président lui-même qui, en temps de campagne, annonçait des temps nouveaux ; un changement qui ne vient pas et qui ne viendra pas. Qui peut croire un président qui accusait les puissances financières et accepte au sein de son gouvernement un exilé fiscal, un tricheur aux accointances douteuses avec les laboratoires pharmaceutiques ? Je n'attends même pas la communication de crise de l'Elysée pour poster cet article : nous étions déçus, nous voici écœurés, pas vraiment surpris.

Alors, ce matin, les Socialistes marchent les yeux rivés au sol et la gorge serrée par la honte. Ce matin, je ne vois plus comment les défendre et je ne sais plus quel argument opposer aux extrémistes de tous poils, sinon que sans doute, ceux-là feraient de même s'ils étaient au pouvoir (Jean-Marie Lechevallier, par exemple, avait lui-même quelque peu abusé des fonds destinés à la jeunesse de Toulon quand il en fut maire).

Toujours est-il qu'aujourd'hui, nul — ni à droite, ni à gauche — n'est capable d'imaginer de solution réaliste à la crise, de remède à la montée des haines et des fondamentalismes. Nul n'est capable de comprendre ce monde qui change, de mener des débats de fond. C'est donc sur le terrain des affaires que se joue la joute politique et je ne serais pas surprise d'entendre parler très prochainement des affaires de l'UMP. Comme la semaine dernière, quand se succédèrent Cahuzac, Lagarde et Sarkozy au chapitre des scandales financiers, le FN bichera et la haine croîtra, encore un peu plus.
Allez Marianne, accroche-toi : il te reste quelques précieuses vigies. Merci Mediapart.

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