jeudi 20 mars 2014

Les orientales de Loveland


Un nouvel arbre a poussé sur Loveland.
Cet arbre-là nous vient d'Orient et de temps très anciens, un temps où la pudibonderie était de ce côté-ci de la planète, tandis qu'en terre d'Islam, l'érotisme était vertueux.

Je vous parle d'un livre écrit au début du 15e siècle, en Tunisie, par le Cheikh Nafzawi en réponse à la commande de son vizir.  Je vous parle de La Prairie parfumée où s'ébattent les plaisirs.

Voici quelques lignes parmi celles retranscrites dans Loveland : 
" (…) vous badinerez tous les deux de toutes les façons possibles, celles capables de susciter des sensations agréables, comme les baisers, les morsures, la succion, l'humectage, l'embrassement, la pression, afin que la femme se sente portée naturellement et avec agrément à la conjonction. Puis, après l'avoir serrée sur ta poitrine, tu l'étendras sur le sol, l'embrassant sur la bouche. Tu feras varier à ce moment les jeux d'amour (…)"

Je vous en aurais bien retranscrit davantage mais nous ne sommes pas en 1420 et la liberté de ton de cet ouvrage est telle que reproduire ici la suite pour le moins explicite pourrait me faire exclure de moult réseaux sociaux…
Sachez juste que ce livre est une promenade d'une sensualité poétique inouïe et qu'il est truffé d'allusions moqueuses aux mœurs de son temps. Pour la petite histoire, lorsque le narrateur se retrouve dans une orgie sordide, le maître de cérémonie n'est autre que… le Pape d'alors. Faut dire : le début du 15e siècle n'était guère propice à l'amitié entre Islam et Chrétienté et l'on ne peut pas dire que les chefs de l'Eglise y aient été exemplaires.

Quand j'eus achevé la frondaison de mon arbre d'Orient, j'ai cru entendre une musique lancinante, comme celle que j'entendais, enfant, quand en sortant de l'école je passais devant un bar où se réunissaient la quasi totalité des Maghrébins de mon quartier. Zoom arrière dans ma mémoire et j'ajoutais des fleurs claires, d'un bleu pâle estompé par le temps : cette musique, ce chant, c'était Oum Kalssoum. J'ai choisi Al Atlal (les ruines), un magnifique poème d'amour écrit par le poète égyptien Ibrahim Naji et créé pour la première fois par Oum Kalssoum en 1966.




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