vendredi 23 janvier 2015

Consternante consternation




Etonnants paradoxes.
Le 11 janvier, nous étions des centaines de milliers, ici et ailleurs, à défendre d’une apparente même voix la liberté d’expression. Quinze jours plus tard, nous sommes nombreux à nous interroger sur la question des limites à la liberté d’expression : limites d’offense, limites de calomnie, limites de mensonge… et que sais-je encore ?

En ce domaine, il me semble, point ne faut de limites et je revendique le droit absolu de dire des conneries, l’entière liberté de me gausser, de caricaturer, de dénoncer… et même parfois de n’être ni potiche, ni idiote… et parfois si !

Cela ne m’empêche pas de penser que certains feraient mieux de se taire.

En tête de ceux-là, l’ex-Président Nicolas Sarkozy, destructeur de services publics, étrangleur des associations de terrain, nihiliste de l’éducation, adepte du nettoyage au karcher et grand bâtisseur du bouclier fiscal.
Parce que, voyez-vous monsieur l’ex-président de “presque feu la république”, s’il en est un qui n’était pas légitime pour être « consterné » par le vocable d’apartheid employé par Manuel Vals, c’est bien vous… à cause du bouclier fiscal, à cause de l’éducation nationale, à cause des services publics et à cause du karcher… Bref, à cause du zèle qui fut le vôtre pour aggraver encore la ghettoïsation de certaines de nos banlieues (pas la vôtre, faut-il le préciser ?).

Dans une veine similaire, Monsieur Sarkozy, vous nous avez dans cette même allocution pris pour des imbéciles. Vous l’avez fait notamment en invitant les forces de l’ordre à quelques heures supplémentaires alors même que justement, celles qui sont affectées à la lutte contre le terrorisme doivent avoir 10 bras et 12 jambes pour remplir leur mission.
Et quand je pense à vos simagrées pour être sur les photos lors de la Grande manif, je ne peux que me souvenir des efforts que vous avez déployés pour entraver la liberté de la presse et l’autonomie de la justice.
Permettez que je ricane à vous voir enfiler votre bonnet phrygien au bras de votre épouse.

Finalement, c’est nous qui sommes consternés. Consternés jusqu’à frôler, à nouveau, la sidération.
Parce que vous n’êtes pas seul dans vos mensonges : volte-faces, chiffres erronés, reniements et contre-vérités deviennent le lot commun des discours politiques et je ne parle même pas des fioles brandies à l’ONU pour justifier une guerre inepte, celle d’Irak.
Consternés jusqu’à l’effroi — j’insiste — parce qu’aujourd’hui, dans toutes les tranches d’âge, il en est pour donner crédit aux thèses complotistes. Ce fut le cas après la mort de centaines d’enfants gazés par Bachar ; c’est encore le cas concernant les attentats de Charlie.

Mais comment voulez-vous démêler le vrai du faux dans ce fatras de mensonges ?

Or, c’est très grave : pendant qu’ici on se chamaille pour ramasser les os des cadavres de Charlie, des enfants dorment dans la rue… et au nord du Nigeria, un califat de barbares est en train de grandir.

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