jeudi 15 octobre 2015

Là-haut sur la tribune de l'église de Jaillans



Que cet endroit est beau !
Exposer dans ce lieu — la tribune de l'église de Jaillans (Drôme) — était un pur bonheur !
Pour l'accrochage, je fus seule dans l'église. Affairés dans l'autre salle de l'exposition Chemin de peintres à Jaillans qui accueillait douze artistes, les organisateurs Robert et Vincent s'étaient greffé le portable aux oreilles et étaient là dans les 10 minutes si besoin. 
Une église pour moi toute seule, ses pierres, ses lumières… et sa sonorité qu'un album de Charlie Parker lancé sur la tablette ne gâcha pas. C'était le top !
En contrebas de la tribune où j'exposais, les panneaux muraux et les sculptures de Mathias Souverbie étaient installées. J'aimais toujours autant ! 
Je découvrais aussi les toiles éclatantes de Joël Gangloff et je jubilais du lien évident qui s'opérait dans cette église entre le haut et le bas, lien que venait souligner la composition florale qu'Amélie était venue déposer sur le balcon de la tribune. J'étais fière de voisiner ces deux artistes et j'ai abondamment profité de ma vue plongeante sur le gigantesque diptyque Broussailles vitrail de Joël pendant tout le week-end. 


 ©Mathias Souverbie

©Mathias Souverbie


 ©Joël Gangloff


Toiles de Joël Gangloff, sculptures de Mathias Souverbie,
composition florale d'Amélie.


Dans l'après-midi, alors que je venais de terminer mon accrochage, je reçus la 
visite de deux artistes qui exposaient à deux pas: Annie Berthet et Krisztina Zucor. On s'est posées là-haut quelques minutes pour faire connaissance… Puis, Krisztina est descendue, s'est installée derrière l'autel et a entonné un "Hit the road Jack", jubilant de ce rock en plein chœur. Annie et moi lui avons répondu depuis la tribune… et puis nous sommes allées tester l'écho dans une sculpture de Mathias Souverbie. Grand grand moment !

Le lendemain matin, j'ouvrais l'église et passais un bon moment à admirer l'immense photo de Delphine Balley : la violence de son sujet - cette madone piquée d'épingles - et la douceur du traitement - la souplesse des drapés, la tendresse du visage et les épingles d'acupunteur… - Troublante icône !


©Delphine Balley

Dans mon dos, sur la pierre blanche de l'église, étaient posés les morceaux d'une sculpture démontée de Mathias Souverbie qui allait bientôt prendre sa place sur le parvis. Je n'ai pas résisté au contraste de ce béton d'aujourd'hui posé sur la pierre d'antan.






Lorsque les premiers visiteurs sont arrivés, un peu avant l'heure, la sculpture de Mathias avait été remontée et dodelinait devant l'église. J'attendais, perchée sur ma tribune, en regardant le diptyque de Joël Gangloff. 
Les visiteurs empruntaient la porte dérobée, grimpaient les escaliers, apercevaient dans la lumières quelques textes et dessins et arrivaient sur la tribune…
Là, ils encaissaient le choc que produit la beauté du lieu : ils tournaient inévitablement le dos à mon expo pour voir l'église depuis le balcon, admirer la nef, le transept et le choeur et les œuvres d'en bas… 
Et puis se retournaient, prêts à voir ce que j'avais bien pu poser sur les petites corniches qui couraient le long des murs… S'intéressant à tout le plus souvent, tournant parfois les talons brutalement quand mon engagement en faveur des migrants les agaçaient…


© Mathias Souverbie










Il y eut beaucoup de monde et des échanges riches. J'ai laissé sur place une Madone violine et quelques coins de Paradis, tous sous de bons auspices.
Je n'ai plus que deux livrets-catalogues, mais pour ceux qui n'ont pas pu venir ou pas eu le temps ou les lunettes pour lire, je propose un extrait à feuilleter en ligne : il s'agit de la partie narrative qui raconte le Voyage de Gabriel avant l'Annonciation.

Grand merci à Robert, Vincent et Amélie pour leur confiance et leur disponibilité. Merci aussi aux aquarellistes Hervé Espinosa et Anne Le Maître pour leurs précieux conseils. Et merci enfin à la commune de Jaillans de s'investir dans cette opération culturelle.


 


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