jeudi 5 novembre 2015

Je m'présente, je m'appelle ARySQUE


Avant de quitter les lieux, permettez que je vous invite dans l'intimité de mon atelier, à ces moment précieux où les muses bavardent. Permettez que je vous raconte qui je suis et comment je travaille, parce que ça, je l'emporte avec moi après l'expo


et que je ne suis pas sûre de vous l'avoir déjà dit.
Donc.

J’ai appris à peindre petite fille avec une boîte de cirage et un tube de rouge-à-lèvres, sur des planches de bois ou des galets. Depuis, je peins avec tout ; je dessine à l’encre, au crayon, à la pipette ou au feutre ; j’entortille des fils de fer, je taquine la souris, je malaxe la boue ; je travaille mes toiles par devant et par derrière, je dédouble mes papiers, etc.
Mais cela ne me suffit pas : il me faut aussi écrire. Écrire encore et encore. Écrire, depuis toujours, pour le fond comme pour la forme, celle du verbe et celle de la lettre. Écrire pour raconter, pour dénoncer ; écrire aussi pour aimer.
Ce qui motive mon acte créatif ? Parfois, c’est une envie gestuelle – faire crisser la plume, laisser filer le trait, triturer la matière, projeter les encres – parfois, c’est une urgence à dire  : parce que des migrants meurent en Méditerranée, parce que les crimes de guerre se multiplient ou tout simplement parce que j’ai le bourdon ou au contraire de bonnes raisons de me réjouir. Parfois aussi, c’est une rencontre ou un lieu, un objet, une matière, un texte… et parfois, une commande.
Une fois lancée, j’avance pas à pas, interprétant au fil de ma création ce que mes “doigts intérieurs” (selon les mots d’Egon Schiele) me racontent. Je regarde mon travail évoluer en même temps que je le façonne et je tente de maîtriser ce qui peut l’être. Souvent, je jubile de me laisser surprendre en regardant les dillutions des encres ou les changements de texture d’un papier au moindre grattage, ou bien encore, en découvrant qu’une fleur orangée m’offre des teintes violines… À chaque étape, je suis parcourue de mots, de tentatives d’explications et je dialogue avec mon œuvre jusqu’à ce que je la comprenne.
Parfois, il suffit de quelques traits, de quelques tâches ; parfois, c’est plus long et je dois dévier, obligée de repenser – fond et forme ! – ce que j’avais envisagé… Mais à un moment, cela fonctionne, quelque chose s’équilibre dans la composition, dans les contrastes de matière… Et voilà que cela fait sens et que l’œuvre m’autorise à arrêter là ! 
Souvent alors, j’écris pour mieux cerner mon propos, parce que les mots me sont aussi précieux que les couleurs, les traits et les matières, parce qu’ils sont comme eux, un matériaux de mon travail. 
Mais aussi parce que j'ai besoin de garder trace de ces moments précieux, d'en conserver les émotions, de les coucher noir sur blanc pour les apprivoiser. Alors seulement, je peux vous les offrir.
Rendez-vous du 4 au 6 décembre. pour voir et causer en vrai.

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