mardi 8 décembre 2015

J'ai la trouille du FN




Je ne sais pas si c'est parce que le FN fait descendre la France de plus en plus bas, tujurs est-il que mn rdinateur a perdu sn "haut" et que je me sens quelque peu empêchée de cmmuniquer… Mauvais présage!
Mais vrai ! ce ne snt pas ces désagréments qui m'empêchernt de blgguer et puisqu'il en est ainsi, je vais faire un usage tut à fait abusif du cpier/cller. Ayé, vici un o ! Victoire !

Parce que je voulais quand même vous dire quelques petites choses :

1 - L'exposition "Faut que je moove" (avec deux pomme/v) s'est bien passée et me permettra de faire un don de 170 € à la Fédération des centres sociaux et sociaux-culturels de Paris.

2 - Je suis rentrée chez moi dimanche en fin de journée, la banane jusqu'aux oreilles, toute à ma joie de vos visites et de vos sourires, toute au bonheur d'avoir des projets plein la tête, des envies et de l'espérance à revendre…
Mais j'ai retourné ma banane vers le bas, passé 20 heures et j'ai du mal à la décoincer : dimanche, dans le Nord, on fêtait la Saint-Nicolas… Bien triste cadeau qui fut fait aux enfants pauvres cette année, et cela jusqu’à Marseille !

Alors voilà : après le 13 novembre, j'étais minée et abattue, mais je pouvais quand même encore dire "même pas peur". Aujourd’hui, j'ai la trouille, les foies, les jetons : droite et gauche sont incapables d'énoncer un discours clair et crédible sur le monde d'aujourd'hui et le FN caracole en tête. Le silence de nos décideurs, leur incapacité à penser ce monde nouveau, global et hyper connecté, fait l'angoisse de notre temps : ils n'ont même pas l'air de comprendre ce qui se passe !

Pourtant, nous savons tous que la mondialisation est inévitable et nous la vivons  au quotidien. Nous parlons, via Skype ou les réseaux sociaux, avec des individus de toute la planète. Nos enfants font des études à l'étranger. Nous achetons des produits de toutes les origines et nous partons en WE à Marrakech comme on allait autrefois à Palavas (précisons que ceux qui n’allaient pas à Palavas n’y vont toujours pas). Nous faisons aussi la guerre là-bas pour avoir du pétrole ici, nous subissons les attentats ici avec des armes qui se baladent au Moyen-orient après avoir été produites en France ou en Russie… et les colonies sur lesquelles nous avions si longtemps bâti notre richesse sont devenues des "pays émergents" avec lesquels il est juste de partager le gâteau (dont la pâte moelleuse se dessèche dangereusement, rappelons-le).

Nous savons cela, mais nos décideurs, eux, semblent ne rien maîtriser. Ils laissent aux majors industrielles ou financières le soin de régenter ce beau monde ; mais ceux-là ne régentent rien du tout et laissent la loi du plus fort s'installer tranquillement… au mépris de l'humain et de la planète. C’est vrai que c’est effrayant !

Alors, voilà : faute d'être capable d'imaginer un vivre ensemble planétaire, c'est la peur qui gagne et nous fermons la porte aux citoyens du monde à coup de murs et de frontières, feignant de croire qu’on pourra ainsi échapper à l’inéluctable agrandissement de notre terrain de jeu, à l’inévitable mondialisation.
Finalement, dans ce concert d’instruments dépassés que sont devenues nos idéologies comme nos méthodes, c'est la réponse des flippés du déclassement qui l'emporte, une réponse protectionniste et nationaliste d’un autre âge, pourtant portée par ceux qui vont chercher leurs financements hors de nos frontières, en Russie…

Pourtant, il y a d'autres réponses. Elles sortent des mains de ceux qui croient encore qu'on peut faire autrement. Ceux qui multiplient les initiatives solidaires. Ceux qui voient plus loin que le bout de leur nez, qui regardent la planète dans sa globalité - terre des Hommes ET terre physique et biologique —, ceux qui inventent des solutions. on les appelle les utopistes et les naïfs. Moi je crois qu’ils ont raison et je crains que, comme toujours, on s'en rende compte un peu tard… Il n’empêche : ceux-là, au moins, cherchent des réponses humanistes et de long terme, aux questions de ce siècle.

Je suis profondément convaincue que la crise est le moment précis où le neuf et l'ancien se disputent l‘avenir et je choisis le neuf.
Or, sur la question des femmes, sur celle de la laïcité, de la diplomatie, de la religion, etc. le FN n'a que des réponses rétrogrades. Sa vision du partage du pouvoir est celle du népotisme (en témoigne le nombre de proches ou de membres de la famille Le Pen parmi les ténors de ce parti). Ses orientations sociales et économiques sont fondées sur la ségrégation et non sur la fraternité ou l'égalité. Sa volonté d'imposer un Etat fort est éminemment liberticide. Le FN n’est pas républicain, il n’est même pas humaniste : je ne veux pas qu’on lui confie les rennes du pouvoir et surtout pas en ce moment !

Parce que oui : j'ai la trouille du FN. 
J'ai d'autant plus peur que les temps sont propices à décréter et à prolonger l'état d'urgence, propices à interdire toute manifestation, propices à toutes les privations de liberté… y compris à des reports d'élection sine die. J'ai peur parce qu'il n'est pas sûr que "s'ils sont mauvais, ils partiront". Parce que la tenue des élections n'est jamais garantie. L'Histoire l'a maintes fois prouvé.

Et du coup, on reste interdits devant l’actualité d’un texte, devant l'extraordinaire maîtrise de la langue pour trouver le mot juste — fond et forme ! — sa poésie brutale et nécessaire qui en fait la pertinence 20 ans après qu’il eut été composé et le son qui va avec et qui va tellement bien… Merci NTM : plus jamais ça !

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