vendredi 15 juillet 2016

Niça la béla


Aujourd'hui, c'est juillet et Nice est endeuillée.
Ce dessin pour les hommes, ceux de Nice et d'ailleurs : Bagdad, Orlando, Bruxelles, Bamako, etc. (la liste est insoutenable). Une prière faite aux hommes comme une bouteille à la mer. C'est tout. Qui peut plus ?

Mais pour Nice, Nice que j'aime, ces quelques mots, ce souvenir. 
Parce que face aux nihilistes, j'ai juste envie de penser à la vie débordante de cette ville que j'adore.

C'était un matin d'avril — "avril fais ce qu'il te plaît", c'est comme cela à Nice —. J'avais dans mon sac de plage, bien emballé dans son papier qui déjà détrempait, un pan bagna et une bouteille d'eau. Je partais avec une amie, m'aplatir sur les galets face à la Méditerranée. Pour s'y rendre, on parcourait quelques ruelles étroites du vieux Nice : linge aux fenêtres et ambiance italienne, odeur de basilic, pâtes fraîches et brioches à l'anis. L'ombre encore fraîche, à peine… 
Puis venait le marché aux fleurs. Le soleil printanier transperçait les pétales multicolores et l'on s'interpellait d'un étal à l'autre, petites têtes rieuses entre les tiges de fleurs : on parlait du soleil précoce, du vent qui allait se lever… L'air embaumait ; constellé de grains de pollen et de poussière sèche. 
Chaque fois que je passais là, je plantais mon nez dans le soleil et je humais tous les parfums confondus avec l'impression de respirer le soleil. 
Ce matin-là d'avril, un élégant vieillard, pantalon clair et polo coloré, s'amusa du plaisir évident que je prenais à déguster cette ville Provence : "et aloreu, elle est belleeu cetteeu villeu, hé ?", me dit-il me faisant baisser le nez.
Surprise dans mon petit bonheur tout simple, je ris de bon cœur et il nous raconta Nice, son histoire, sa grandeur, ses perturbations… je m'en souviens à peine, pour être honnête, mais je me rappelle que pour dire tout ça, il chantait avec son vocabulaire parcouru de patois et agitait les bras dans toutes les directions pour louer sa ville monde… 
Ce jour-là, j'appris la devise de Nice et dans sa bouche à lui, c'était un art de vivre : "Niça la béla !"
Nice, tu es forte et je t'aime !

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